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Vel d'Hiv: "La présence de Netanyahu est malvenue"

Le Premier ministre israélien est à Paris ce dimanche, au côté d'Emmanuel Macron, pour commémorer le 75e anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv, l'une des pages les plus sombres de l'Histoire de France marquée par l'arrestation et la déportation de plus de 13.000 Juifs par la police française en 1942.

La France commémore aujourd'hui le 75e anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv. Le 16 juillet 1942, quelques 7.000 policiers français avaient arrêté plus de 13.000 juifs à Paris, hommes femmes et enfants, âgés de 2 à 60 ans. 8.000 d'entre eux seront d'abord entassés pendant quatre jours au Vélodrome d'Hiver, ancienne installation olympique située dans le 15e arrondissement de Paris, avant d'être déportés à Auschwitz. Seule une centaine reviendront des camps de la mort.

Pour Annette Wieviorka, historienne auteure d'Auschwitz, 60 ans après, la rafle du Vel d'Hiv est l'un des épisodes les plus tragiques de la Seconde Guerre Mondiale.

"Il y avait eu avant un certain nombre de rafles et d'arrestations mais la rafle du Vel d'Hiv se caractérise par son ampleur beaucoup plus grande et par le fait que pour la première fois, on arrête aussi des femmes et des enfants. C'est aussi la première grande rafle qui s'inscrit clairement dans le programme nazi de solution finale, c'est-à-dire où ceux qui sont arrêtés le sont pour être envoyés très vite à Auschwitz-Birkenau pour y être assassinés", a-t-elle expliqué au micro de RMC.

"On est déçus et même choqués"

Afin de rendre hommage aux victimes de cette tragédie, Emmanuel Macron a invité le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Paris. Il s'agit de la première rencontre entre les deux hommes politiques. Comme pour Donald Trump, qui a assisté au défilé du 14-Juillet aux côtés du président français, la présence de Benjamin Netanyahu à la cérémonie de commémoration du Vel d'Hiv est loin de faire l'unanimité.

Samedi, à l'appel d'associations pro-palestiniennes, Abdenour est allé protester place de la République à Paris. "On est très déçus et même choqués que notre président puisse inviter et dérouler le tapis rouge à cette personne qui bafoue les droits humains, qui torture psychologiquement voire parfois physiquement les prisonniers palestiniens", a-t-il expliqué à RMC. 

"Trump le 14 juillet, Netanyahu le 16 juillet, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase de notre colère parce que ces gens-là ne sont pas pour la paix. Ils sont pour l'oppression, pour la domination donc ça veut dire que Macron se positionne dans un segment proche de ces gens-là", regrette-t-il.

Un avis partagé par Richard Wagman, le président d'honneur de l'Union juive française pour la paix.

"Les six millions de martyrs qui sont morts dans les camps d'extermination nazis n'ont pas perdu la vie pour qu'un Etat qui se présente comme étant juif opprime les Palestiniens ou un autre peuple. Je considère que la présence de Netanyahu est impropre. Il ne représente pas la communauté juive au niveau international. Ce n'est pas décent d'exploiter les victimes de la Shoah au profit d'une politique de colonisation de la Palestine. De ce point de vue là, sa présence est malvenue", considère-t-il.
M. Ferrera et M. Rostagnat