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"Vins pétillants": la colère ne retombe pas chez les producteurs de champagne contre la Russie

L'incompréhension est profonde chez les professionnels du secteur, reportage les pieds dans la vigne à Pierry dans la Marne.

Les producteurs de champagne français ne décolèrent pas, après la signature d'une loi russe exigeant que seuls les vins effervescents russes puissent porter le nom de "champagne" sur leurs étiquettes. Une décision vécue comme une insulte par la région et ses professionnels.

Le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, et Franck Riester, ministre délégué en charge du Commerce extérieur rencontrent dès 8h ce matin à la Maison du champagne à Epernay les producteurs pour apporter leur soutien devant ces changements de législation.

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Dans sa vigne, Claude Mondois a dû le voir pour le croire. “On a pensé que ce n’était pas possible, que c’était un canular”, indique-t-il.

Devoir apposer la mention "vin pétillant" sur ses bouteilles de champagne en partance pour la Russie, c'est tout simplement “inacceptable”, juge-t-il et surtout, c’est un affront à son histoire.

"On est vigneron depuis 1735 donc je suis la neuvième génération de Mandois à gérer l’exploitation et vous pensez bien que tout ça, c’est très intérieur”, affirme-t-il.

La Russie, 15e importateur de champagne

Car l'indignation a parcouru les vignes et les cépages et au contraire des raisins, le visage de Maxime Toubart lui n'a pas attendu pour devenir rouge de colère. “C’est du vol”, affirme-t-il.

Pour le président du syndicat général des vignerons de la champagne, cette appropriation du nom par les Russes n'a rien d'anecdotique.

“Le champagne, c’est aussi une certaine idée de la gastronomie, de la France, du luxe, et du soir-vivre. Donc on attaque à la fois le produit champagne, mondialement connu et puis un peu aussi la France et l’Europe”, indique-t-il.

Alors Claude Mondois n'a qu'un message à faire passer aux ministres qu'il verra ce vendredi matin. “Défendez l’exception française. Qu’est-ce qu’il y a de plus beau que le champagne? Tout le monde nous l’envie. Alors gardez-nous le”, appuie-t-il.

Chaque année, deux millions de bouteilles sont exportées vers la Russie, faisant du pays, le 15e pays le plus demandeur de champagne français.

Alfred Aurenche avec Guillaume Descours