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L'amniocentèse remplacée par une prise de sang? "Le test de dépistage de la trisomie 21 s'améliorerait"

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De nouvelles techniques médicales permettent de dépister la trisomie 21 grâce à une simple prise de sang. Des médecins comme le professeur Israël Nisand, invité sur RMC vendredi réclament la généralisation de ce test à la place de l'amniocentèse, un acte médical qui peut être dangereux.

L'amniocentèse est un acte médical redouté par les futures mamans. Ce test qui consiste à prélever du liquide amniotique en introduisant une longue aiguille à travers la paroi abdominale de la mère est utilisé pour déceler la trisomie 21. L'amnicentèse est notamment pratiquée pour les femmes qui présentent des risques après des tests ou pour les futures mamans de plus de 38 ans. Mais un test moins invasif pourrait la remplacer. Les médecins de la Société française de médecine prédictive et personnalisée (SFMPP) vont en faire la demande.

Avec une simple prise de sang, "on est désormais capables d'analyser de l'ADN, c'est-à-dire du matériel génétique du foetus qui circule dans le sang de la mère", explique le professeur Israël Nisand, gynécologue obstétricien. 

"L'amniocentèse sert et servira toujours, elle ne va disparaître. Ce qui va changer, c'est qu'on la fera beaucoup moins souvent", poursuit le médecin. L'amniocentèse n'est en effet pas un acte anodin et ses résultats ne sont pas toujours satisfaisants juge Israël Nisand. "Aujourd'hui les tests qui mettent en garde contre une suspicion de trisomie 21 nous mettent en garde trop souvent et donc on fait beaucoup trop d'amniocentèses. Ces amniocentèses ne montrent une anomalie qu'une fois sur cent et avec le nouveau test on va pouvoir diminuer de 99% le nombre de situations où on sera amené à pratiquer ce geste dangereux", prévoit-il. 

Des risques de fausse couche

L'amniocentèse peut effectivement constituer un danger pour la grossesse. Dans les semaines qui suivent l'acte médical, il existe un risque de fausse couche. Des femmes dont l'amniocentèse s'est révélée négative peuvent ainsi perdrent leur enfant. Un argument supplémentaire pour Israël Nisand d'adopter le dépistage sanguin.

"Tous ceux qui font des amniocentèses savent bien que le dépistage de la trisomie 21 qui est très largement pratiqué en France s'améliorerait parce que nous perdrions moins d'enfants sains si nous disposions de ce test", plaide-t-il. 

Malgré tout, des difficultés sont encore présentes pour généraliser ce test. "On a 800.000 femmes enceintes chaque année. Cette technique est d'une grande complexité, il faut des laboratoires que nous n'avons pas pour assumer 800.000 tests ou du moins 750.000 tests parce qu'il y a des femmes qui ne souhaiteront pas ce test. On n'est pas encore en capacité de le faire pour toutes les femmes qui le voudraient"

Carole Blanchard