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"On ne vit pas, on survit": le fonds de solidarité désormais restreint, un coup dur pour les indépendants

Pour beaucoup d'entrepreneurs, ces 1.500 euros par mois était l'unique moyen de garder la tête hors de l'eau.

Il y a des changements en ce 1er janvier. Parfois des bonnes nouvelles pour notre porte-monnaie, et parfois d'autres plus difficiles à avaler.

Parmi ces modifications, le fonds de solidarité pour les entreprises n'est plus universel à compter d'aujourd'hui. Le gouvernement le réserve maintenant aux secteurs fermés administrativement comme la restauration. L'annonce avait été faite par le ministre de l'Economie Bruno Le maire le 4 décembre dernier au micro de Jean-Jacques Bourdin. 

Ce fonds permet aux entreprises qui ont perdu plus de la moitié de leur chiffre d'affaires d'être indemnisé jusqu'à 1.500 euros par mois. Une aide, mise en place lors du premier confinement et réactivé pour le second, qui peut même atteindre 10.000 euros ou 20% de perte du chiffre d'affaires pour les secteurs les plus affectés.

Et pour beaucoup d'entrepreneurs, ces 1.500 euros par mois était l'unique moyen de garder la tête hors de l'eau. Aujourd'hui, même si leurs magasins sont ouverts, la clientèle n'est pas toujours présente. 

"Ce n'est pas possible"

"Il y a des rendez-vous, mais on n'est pas full. La baisse du chiffre d'affaires correspond à 50%. C'est inquiétant" confie Audrey, esthéticienne à Dammarie-le-Lys, en Seine-et-Marne.

"On ne vit pas, on survit": pendant les mois de confinement, la jeune gérante touchait 1.500 euros de l'Etat, juste de quoi payer certaines charges. Sans ce coup de pouce, son commerce est en danger.

"Lorsqu'on voit qu'on ne fait pas de chiffre d'affaires, mais que derrière les banques prélèvent les échéances de prêts, je suis à 3600 euros de charges, sans compter les salaires. Ce n'est pas possible" lâche Audrey. 

Cet arrêt du jour au lendemain du fond de solidarité choque la fédération des autoentrepreneurs: "Il aurait fallu non pas une interruption brutale, mais une aide qui se réduit progressivement, plaide Ludovic Badeau, son porte-parole. Ce que nous proposons est un fonds de solidarité dégressif dans le temps, au fil des mois à partir de janvier". Sans cette aide, il craint que beaucoup d’autoentrepreneurs cessent leur activité en début d’année. 

Au total, ce sont 11,4 milliards d'euros qui ont été attribués à près de 1,9 million d'entreprises, depuis le début de la crise sanitaire en mars. 

Benjamin Pelsy avec Xavier Allain