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Ancien de Top Chef, on m'a collé l'image de grande gueule, mais j'ai su m'en servir pour mon restaurant

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Ce mercredi, M6 diffuse le deuxième épisode de la saison 8 de Top Chef. En 2015, Florian Chatelard a participé à cette émission. Malgré des débuts difficiles, il a fini quatrième. Deux ans après, il vient de lancer son propre restaurant, Le P'tit Boulevard, à Lyon.

Florian Chatelard, demi-finaliste de la saison 6 de Top Chef:

"Je garde un excellent souvenir de cette émission, j'ai été ravi de la faire. Je n'ai aucun remord vis-à-vis de ce concours. Je me suis battu pour le faire parce que c'est un concours qui nous demande de faire des choses qu'on n'a pas l'habitude de faire dans nos cuisines. Je m'étais déjà inscrit et présenté deux ans auparavant sans avoir été sélectionné. J'ai retenté ma chance, j'ai fait partie des 15 finalistes jusqu'à finir quatrième de la compétition.

"Le fait d'être un ancien candidat de Top Chef m'a servi"

A l'issue de ce concours, j'ai repris mon activité de chef à domicile à Lyon. Au bout de quelques mois, celle-ci s'est un peu réduite, même si je pense que le fait d'être un ancien candidat de Top Chef m'a servi. En tant que chef à domicile, mon image, mon nom étant dans l'actualité, il y avait automatiquement des retours, des demandes supplémentaires.

Si je n'ai rien gagné financièrement avec Top Chef, je ne peux pas nier que le fait d'y avoir participé a pu jouer auprès des banques. Quelque part, sans prétention, je pense quand même avoir marqué la saison. L'épisode dans lequel je cuisine avec mon papa, ce que je n'avais jamais fait avant, a touché les gens. Et, l'épreuve de 'La guerre des restaurants', dans laquelle j'avais installé un scooter rouge, avait pas mal fait le buzz. Les gens avaient adoré et s'en souviennent encore. Donc, pour les banquiers, cette 'renommée' et mon CV étaient un gage de qualité. Ils m'ont donc fait confiance pour lancer mon projet. 

En tant que cuisinier, j'ai toujours voulu être chef de ma propre cuisine. Au début de l'année 2016, je me suis vraiment lancé dans le projet en multipliant les visites de biens, lançant les démarches auprès des banques, cherchant un associé… Et tout ça a pris forme, à la mi-août 2016, avec l'ouverture du P'tit Boulevard, une cuisine bistronomique, à Lyon.

"On m'a collé l'image de grande gueule"

Moi-même, j'avoue aussi m'être servi de Top Chef pour communiquer. Lors de l'ouverture de mon restaurant, j'en ai notamment parlé sur la page Facebook que j'avais lancée pour l'émission. Ce qui a permis de me faire connaître auprès de quelques clients et ce malgré l'image de grande gueule, de prétentieux que l'on avait voulu me donner. M6 m'avait quand même collé l'expression 'Je suis une machine' sur le dos alors que je n'ai dit ça qu'une fois, lors de la première épreuve.

Ce n'était pas de la prétention. J'étais seulement très content d'être là, de faire ce concours. J'étais ultra-motivé. J'étais à 200% et je n'avais qu'une envie: en découdre avec les candidats. Ce n'était pas méchant, je n'ai jamais dit que j'étais le meilleur et que j'allais gagner. Je n'ai pas cette prétention. Ce n'est donc pas moi qui ai décidé d'avoir cette image, mais la production. Pour autant, tout au long du concours, j'ai avancé. Je suis passé cinq fois par l'épreuve de la dernière chance et à chaque fois je m'en suis sorti.

"J'ai très peu de contact avec les anciens candidats"

Au final, je finis demi-finaliste et ce bad buzz n'a pas eu de répercussions sur ma vie professionnelle. Au contraire, ça fait rire les gens et ils se souviennent de moi à travers ça. Ils me reconnaissent et m'appellent 'la machine de guerre'. Rien de méchant. En revanche, depuis la fin de l'émission, j'ai très peu de contacts avec les anciens candidats. Même si, il y a quelques jours se tenait à Lyon le Sirha (le rendez-vous mondial de la restauration et de l'hôtellerie, ndlr) et que certains en ont profité pour venir dîner dans mon restaurant. C'était super sympa.

En revanche, aucun membre du jury ou de la production ne m'a appelé pour me féliciter de l'ouverture de mon restaurant. Je n'ai pas du tout de contact avec eux. Je pense que l'on n'a pas eu le temps de se connaître réellement mais je les ai tous appréciés. Après je peux comprendre que ce n'est pas facile pour eux. Il y a 15 candidats, ils ne vont pas s'attarder sur chacun d'entre nous. De toute façon, ça ne change rien à l'image que j'ai de Top Chef. Demain, on m'appelle pour y participer à nouveau, je dis 100 fois oui. Sans hésiter, car ce concours a marqué mon cursus professionnel et ma vie personnelle".

Propos recueillis par Maxime Ricard