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Le concours de l'Eurovision est-il ringard ou tendance? Ça fait débat sur RMC

A cette époque de l’année, chacun ses repères. Pour certains, c’est le festival de Cannes, pour d’autres c’est Roland-Garros et pour d’autres encore, c’est l’Eurovision. Le concours européen de la chanson organisé depuis 1956 fête sa 64e édition, ce samedi soir pour la finale 2019. Trois heures et demi de show en direct d’Israël.

Parce que l’année dernière, c’est elle: Netta Barzilai qui l’a emporté avec sa chanson Toy. Comme le veut la règle, c’est donc Israël, pays vainqueur de l’année précédente, qui organise cette année. Ça ne plaît pas à tout le monde.

Des personnalités du monde entier appellent à boycotter la soirée prévue à Tel-Aviv pour protester contre ce qu’ils considèrent être une "violation systématique par Israël des droits des Palestiniens". La venue de Madonna en guest-star a été compromise jusqu'au dernier moment. Il y avait eu d’autres genres de tensions à Kiev en 2017, à l’époque du conflit entre l’Ukraine et la Russie.

On le voit, l’Eurovision, c’est donc aussi de la diplomatie, mais c’est surtout de la chanson et l’occasion pour certains pays de faire sensation. Souvenez-vous de l’Autriche et Conchita Wurst. C’est justement en la voyant que Bilal Hassani s’est dit "et pourquoi pas moi".

"En France, dans les années 80-90 c’était ringard"

Aujourd'hui, il a 19 ans. C’est lui qui représente la France avec sa chanson Roi. Il veut être le visage de la jeunesse LGBT. Il sera sur scène avec une américaine obèse et une Taïwanaise sourde. Avec l’espoir pour les amateurs du concours, comme Alain Fontan, membre de l’association Eurofans, de dépoussiérer l’image ringarde de l’Eurovision

"Pourquoi ringard? C’est un truc qu’on a décrété en France, c’est typiquement Français. Dans les pays nordiques ça a toujours été très branché de regarder l’Eurovision. En France, dans les années 80-90 c’était ringard. Depuis que France 2 l’a repris et surtout depuis l’année dernière ils ont fait une sélection, trois samedis de suite donc les gens ont redécouvert l’Eurovision. C’est une excellente émission de variété donc si on aime la variété, il faut regarder cet immense show de télévision".

"Ce serait sympa de le remettre au goût du jour"

Demain soir, plus de 200 millions de téléspectateurs à travers le monde seront devant leur poste. Chacun peut voter par SMS. Le choix des téléspectateurs compte pour la moitié de la note finale.

Tout est fait pour rendre le concours moderne et interactif. Mais en France, ça prend moins qu’ailleurs. L’an dernier, la retransmission n’avait attirée qu’un quart des téléspectateurs français.

"Dans les pays nordiques, il y a 80% d’audience pour la chaîne qui diffuse l’Eurovision. En France, l’audience est beaucoup plus timide", précise Jean-Pierre Pasqualini, directeur des programmes de la chaine Melody et invité de la matinale de Jean-Jacques Bourdin.

"On a eu beaucoup d’excellentes chansons à l’Eurovision"

C'est le cas de Marion, qui l'an passé n’avait pas regardé. Et ce ne sera pas encore le cas cette année.

"C’est une émission très classique, chaque pays passe, les pays votent… Ça ne sort pas de l’ordinaire. C’est très long en plus, sur une soirée je crois que ça dure 4 ou 5 heures, plus les publicités. Ça radote je trouve. On revient souvent sur les mêmes artistes donc on peut vite s’ennuyer. C’est quelque chose que les jeunes n’ont plus l’habitude de regarder donc ce serait sympa de le remettre au goût du jour".

Le meilleur moyen de remettre au goût du jour, c’est peut-être de gagner ce concours. Ça n’est pas arrivé depuis 1977 et Marie Myriam. Mais ringard ou pas, l’Eurovision permet en tout cas de faire découvrir au public des chansons qui deviennent par la suite très populaires selon Jean-Pierre Pasqualini.

"ABBA, Waterloo, a marqué l’histoire avec une excellente chanson. On a eu Céline Dion, Ne partez pas sans moi. On a eu beaucoup d’excellentes chansons à l’Eurovision. Il ne faut pas penser que c’est un truc où il n’y a que des ringards. France Gall, Poupée de cire poupée de son signée Gainsbourg".
Matthieu Rouault