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Attentats du 13-Novembre: à quoi ressemble la vie de Salah Abdeslam en prison ?

Le détenu le plus surveillé de France est à l'isolement le plus total, interdit de contact avec les autres détenus et sous l'oeil des caméras 24h\/24.

Il a été extrait de sa cellule de Fleury-Mérogis ce matin. Salah Abdeslam, le dernier membre du commando responsable des attentats du 13-novembre encore en vie, a été amené sous haute sur surveillance sur l'île de la Cité à l'occasion de l'ouverture du procès des attentats de Paris.

"Tout d'abord, je tiens à témoigner qu'il n'y a pas de divinité à part Allah et que Mohamed est son messager", a-t-il assuré dans le box, alors qu'il était invité à décliner son identité. "On verra ça plus tard", lui a répondu le président avant de lui demander son identité. "J'ai délaissé toute profession pour devenir un combattant de l'Etat islamique", a renchérit le prisonnier le plus surveillé de France.

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Isolement total, mobilier fixé au sol et sous surveillance 24h/24

Car aujourd'hui, Salah Abdeslam est surveillé 24h/24 dans sa cellule de la prison de Fleury-Mérogis. Des surveillants se relaient devant des écrans toute la journée et toute la nuit pour épier ses moindres faits et gestes. Il est à l'isolement total et n'a aucun contact avec les autres détenus. Dans sa cellule d'une dizaine de mètres carrés, le mobilier est fixé au sol

Si au début de sa détention il se montrait la plupart du temps mutique, agressif avec les surveillants et ne sortait pas de sa cellule même pour profiter de sa promenade solitaire, sa situation a évolué:

"Quand il est arrivé, il était cloîtré, il ne bougeait pas, ne sortait pas. Et au fur et à mesure il a changé. Ses journées sont rythmées par les visites de ses défenseurs et de sa famille", explique à RMC Ambroise Koubi de la CGT-Pénitentiaire. "Il est également toujours en relation avec le personnel et la direction", conclut-il.

Une note révèle son "prosélytisme"

Pourtant, un document dévoile une autre face d'Abdeslam en prison. Une note de l'administration pénitentiaire, datée du 17 août dernier, révèle qu'il "se distingue par son prosélytisme" et un "attrait toujours intact pour l'idéologie djihadiste de l'Etat islamique".

Depuis son incarcération en 2016, il y a bien une dizaine d'incidents significatifs comme des menaces à l'encontre de surveillants ou des endommagement des caméras qui le surveille. Mais surtout, il prodigue " des conseils religieux à ses codétenus" à travers la fenêtre de sa cellule. 

Des propos qui illustreraient, selon le rapport, un "véritable déficit de connaissance et de nombreuses incohérences". A tel point que certains détenus plus aguerris, le corrigent. 

Son obsession pour sa religion se constate aussi dans ses lectures. Une soixantaine d'ouvrage sur le salafisme, le wahabisme ou les batailles et conquêtes musulmanes. Enfin, les auteurs relèvent qu'il ponctue régulièrement ses propos en référence à une mort en martyr. Ce rapport révélé par Médiapart vient d'être versé aux débats du procès.

Filmé pour l'Histoire, le procès doit se dérouler pendant neuf mois, une durée sans précédent pour une audience criminelle en France. Dans le box des accusés, Salah Abdeslam est entourée de 13 autres co-accusés, jugés pour leur participation plus ou moins active aux attentats.

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Maxime Lévy avec Guillaume Dussourt