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"C'est très compliqué de tout déjouer": un nouveau 13-novembre est-il possible actuellement?

Le ministre de l'Intérieur a appelé à la plus grande vigilance face à la menace terroriste alors que le procès des attentats du 13-novembre 2015 s'ouvre ce mercredi. Car la menace terroriste à parfois tendance à se matérialiser avec l'actualité médiatique.

Le procès des attentats du 13-novembre 2015 s'est ouvert ce mercredi pour environ 9 mois dans l'ancien palais de justice de Paris sur l'Ile de la cité où la plus grande salle d'audience criminelle de l'histoire de France a été dressée. Ce procès historique où 1800 parties civiles sont attendues et 14 personnes doivent être présentes dans le box des accusés, se tient sous haute surveillance alors que le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a appelé mardi à la vigilance maximale. 

Dans un télégramme adressé aux préfets de police de Paris et des Bouches-du-Rhône, ainsi qu'aux préfets des zones de défense de métropole et d'outre-mer, le locataire de la place Beauvau rappelle que l'an dernier, le procès des attentats de janvier 2015 avaient été l'occasion d'une "succession d'attaques sur le territoire national", contre les anciens locaux de Charlie Hebdo, notamment, après la republication par l'hebdomadaire satirique de caricatures de Mahomet.

Dans ce contexte, la menace de nouvelles attaques terroristes plane sur le territoire français. Mais le pays est-il mieux armé contre ce risque? C'est ce qu'assurent les autorités expliquant que les groupes suspects sont aujourd'hui mieux surveillés et la police mieux informée. Dimanche, c'est un homme fiché S qui a été arrêté et mis en examen après avoir commandé une kalachnikov sur internet, révélait Le Parisien.

"Le problème c'est que pour surveiller un fiché S, il faut énormément de moyens humains", note Marie-Anne Soubré. "Mais c'est très compliqué de déjouer tous les attentats", ajoute-t-elle alors que le ministère de l'Intérieur assure avoir empêché 38 actes terroristes depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron.

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Une menace qui se matérialise avec l'actualité

La crainte des cas isolés prédomine pourtant: "On peut avoir des cas isolés, on l'a déjà vu avec Charlie Hebdo notamment. Je suis conducteur de trains, imaginons que dans mon train il se passe quelque chose, que fait-on contre ça?", s'interroge Farouk un auditeur de RMC. 

"Tout est toujours possible en théorie mais le 13-novembre a pu se réaliser car il y a eu une succession de raté des services de sécurité et de coups de chance pour les terroristes", explique l'avocat Cédric Mas, historien militaire et co-fondateur du collectif Action & résilience. "Si tout avait fonctionné normalement au niveau des services français et européen, il n'y aurait pas eu de 13-novembre. Depuis, il y a eu des lois qui ont renforcé les moyens", ajoute-t-il. 

Mais la menace persiste, divisée entre projets d'ampleur et actes d'individus isolés: "La menace est beaucoup plus large et toujours aussi importante. Elle peut se matérialiser régulièrement en fonction du retour sur le devant de la scène médiatique de l'actualité terroriste", explique Cédric Mas.

En 2020, une année marquée par deux confinements stricts en raison de la pandémie de Covid-19, on a recensé 7 victimes d'attentats terroristes islamistes.

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G.D.