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Aulnay-sous-Bois: "on attend que ces policiers soient punis pour ce qu'ils ont fait"

REACTIONS - Un policier a été mis en examen pour viol et ses trois collègues pour violences volontaires en réunion après une interpellation au cours de laquelle un jeune homme de 22 ans a été gravement blessé à coups de matraque jeudi.

Quatre policiers accusés d’avoir gravement blessé un jeune en Seine-Saint-Denis ont été mis en examen dimanche. Trois d’entre eux pour "violences volontaires", le quatrième pour "viol", en plus du premier chef d'inculpation. Le juge d'instruction a en effet estimé qu'il y avait assez d'éléments pour retenir la qualification de viol à l'encontre du policier qui a porté le coup de matraque. Sa décision repose sur le témoignage de la victime mais aussi sur l'exploitation de la vidéosurveillance. Sur les images de l'interpellation, on voit le policier asséner un coup de matraque horizontal en direction du postérieur du jeune homme. Et enfin le rapport médical fait état d'une déchirure de 10 cm au niveau rectal et d'une incapacité totale de travail de 60 jours.

Pour Mohamed, un habitant du quartier de la Rose des Vents à Aulnay-sous-Bois, où a eu lieu l'interpellation, pas de doute: le jeune homme a bien été victime d'un viol. "On ne peut pas croire que le policier ait fait cela sans le vouloir, indique-t-il. Le fait d'introduire une matraque est un acte volontaire. Et c'est impossible d'accepter ce genre de comportement. C'est inadmissible. La police ne doit pas faire ça. Elle doit contrôler, faire son travail mais ne doit pas donner des coups sans raison". Et d'ajouter: "Il ne faut pas que ce policier s'en sorte comme ça. On attend des résultats".

"C'est intolérable"

Omar, autre habitant du quartier de la Rose des Vents, a été en partie témoin de l'interpellation. Il espère lui aussi que la réponse de la justice sera à la hauteur de la souffrance endurée par le jeune homme. "Les faits sont réels, incontestables. Ces personnes ont eu l'intention de faire ça, de porter ce coup qui touche la dignité de la personne, qui touche toute une famille". "Il a 60 jours d'ITT, c'est énorme! On attend donc que ces policiers soient punis pour ce qu'ils ont fait, à savoir pour viol, poursuit-il. Il y a des lois à respecter. C'est intolérable".

Frédéric Gabet est l'avocat du policier mis en examen pour viol et violences volontaires. Il l'assure: "Il n'a jamais voulu, à un aucun moment, causer quelques blessures que ce soit à la victime. Ce coup a été porté de manière totalement involontaire, sans qu'il n'ait conscience de l'avoir blessé. En effet, au moment des faits, personne n'a constaté que la matraque télescopique avait pénétré l'anus de la victime. Tout cela a été constaté à l'arrivée au commissariat".

M.R avec Marion Dubreuil