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Jeune frappé par des policiers à Aulnay-sous-Bois: "Il était venu pour calmer les esprits"

Image issue d'une vidéo amateur de l'interpellation des policiers sur Théo, jeudi soir à Aulnay-sous-Bois.

Image issue d'une vidéo amateur de l'interpellation des policiers sur Théo, jeudi soir à Aulnay-sous-Bois. - Capture BFMTV

RMC a recueilli le témoignage de deux jeunes habitants de la cité des 3.000 à Aulnay-sous-Bois. Ils assurent que le jeune homme frappé par des policiers au cours d'une interpellation musclée, jeudi soir, n'avait pas eu de comportement agressif. Les quatre policiers, eux, devaient être présentés à un juge ce dimanche, pour "violences volontaires avec arme par personnes dépositaires de l'autorité publique".

Les quatre policiers accusés d'avoir blessé un jeune homme de 22 ans à coups de matraque jeudi lors d'une interpellation à la Cité des 3.000 à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), doivent être présentés ce dimanche à un juge de Bobigny, où une information judiciaire pour violences en réunion a été ouverte. 

Jeudi, vers 17h, ce jeune habitant d'Aulnay avait fait l'objet d'une "interpellation musclée" après qu'une opération de "contrôle" a dégénéré, selon une source proche de l'enquête. La scène de l'interpellation, filmée par la vidéosurveillance de la police municipale et des témoins, montre notamment un policier "porter un coup de matraque horizontal au niveau des fesses" du jeune homme, après que son "pantalon a glissé tout seul", selon cette source, qui explique ainsi la requalification des accusations en "violences volontaires".

"Il voulait juste séparer"

RMC a pu recueillir samedi soir le témoignage de deux jeunes du quartier de la cité des 3.000, à Aulnay-sous-Bois. Tous deux assurent que le jeune homme blessé par les policiers, Théo, avait tenté d'arrêter une altercation entre un autre jeune et des policiers. "Il voulait juste séparer (sic), explique le premier. Quand il a séparé, les policiers nous ont dit: 'cassez vous', puis ils l'ont tiré, avant de le frapper".

"Il est venu pour calmer les esprits, assure un autre jeune du quartier, sous couvert de l'anonymat. Les policiers lui ont dit: 'dégage'. Ça a commencé à s'agiter. Ils nous ont envoyé des bombes dispersantes avant d'utiliser du gaz lacrymogène et de nous gazer pour qu'on parte. Quand ils se sont retrouvés seuls entre eux, ils l'ont mis là-bas et c'est tout. Il y avait des traces de sang, elles étaient bien visibles. Après l'avoir frappé, ils sont partis en panique, ils l'ont pris dans la voiture et ils sont partis. Ce n'est pas normal".

Des proches trop choqués pour réagir

Gravement blessé au niveau de la zone rectale, le jeune homme était toujours hospitalisé dimanche, après avoir été opéré. Il déclaré que l'un des policiers lui avait introduit volontairement sa matraque dans l'anus. Samedi soir, la famille de la victime et de nombreux proches du jeune étaient à son chevet à l'hôpital, la mine défaite, encore trop choqués pour pouvoir s'exprimer. Mais ils promettent de porter plainte.

P. Gril avec Martin Cadoret