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"Ce n'est pas à nous de bouger": les riverains de plus en plus tendus près de "Stalincrack" où l'insécurité règne

Le problème récurrent de la vente et consommation de crack dans le nord-est de Paris empire toujours malgré les concertations et actions qui se multiplient.

Enfin des premières solutions pour résoudre le fléau des fumeurs de crack, dans le nord-est de Paris? La maire de la ville, Anne Hidalgo, a proposé plusieurs sites mêlant soin, hébergement et espaces de consommation pour les toxicomanes dans un courrier adressé lundi au Premier ministre Jean Castex.

Lundi, avait également lieu une réunion regroupant la maire, les élus locaux ainsi que les riverains des quartiers concernés par la toxicomanie. A la sortie de cette rencontre, les avis sont pour le moins mitigés.

"On ne va pas renommer Paris "Crackopolis""

4 lieux d'accueil et de prises en charge des toxicomanes, dans 4 arrondissement du Nord-Est parisien, voilà ce que propose la mairie de Paris. Tarak Sassi, voisins des fumeurs de crack, sort de la réunion en colère : pour lui les toxicomanes doivent quitter la capitale.

"On ne va pas renommer Paris "Crackopolis". On doit prendre la question au sérieux, on n'est pas là pour jouer. On vit dans cette insécurité constante."

"Nous vivons un fléau qui fait déménager certaines personnes du quartier"

Des sites de prise en charge qui devraient tous être opérationnels avant la fin de l'année. Matthieu habite dans le quartier Stalingrad et salue l'initiative même s'il l'a juge trop lente.

"Nous vivons un fléau qui fait déménager certaines personnes du quartier. L'objectif de ces lieux serait la sortie d'addiction des toxicomanes, évidemment c'est très bien. Or, la situation d'urgence que je vous écrit nécessite une réponse rapide, ce n'est pas quelque chose qui va être mis en oeuvre le 1er septembre."

A cette demande d'urgence, Anne Souyris, adjointe à la Santé, répond que la mairie de Paris fait déjà son maximum.

"Mettre quelques semaines, et dire au 30 août qu'on a répertorié 35 lieux et qu'on va en choisir au moins 4 ou 5 premiers je pense que ça a été vite, évidemment pas à l'échelle de riverains qui souffrent, mais à l'échelle politique je vous assure que c'est une réponse rapide."

Pour elle, la balle de l'urgence est dans le camp de l'Etat, qui doit encore valider les lieux choisis par la mairie de Paris.

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"C'est une trahison totale"

Pierre, riverain du jardin d'Eole a partagé sa colère et son exaspération ce mardi sur RMC dans Apolline Matin.

"C'est une trahison totale. Le discours d'Anne Hidalgo était assez bancal pour ne pas dire un peu un tissu de mensonges. Les toxicomanes sont à l'entrée du parc, trois entrées sur quatre sont condamnées et squattées par les consommateurs, et surtout par les dealers.
Beaucoup de personnes ont déménagé, ce n'est plus vivable. La majorité des gens voudraient partir mais n'ont pas les moyens. L'insulte est facile sur les riverains en disant "c'est des fachos" ou "c'est des bobos". On aime tous ce quartier et on ne comprend pas pourquoi ce serait à nous de bouger. (...) Les quatre sites proposés c'est une bonne piste mais il n'y a rien de concret"...

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Maxime Levy (avec J.A.)