RMC

J'ai commencé à fumer pour oublier mes soucis: sur RMC, le témoignage rare d'un toxicomane du quartier de StalinCrack

DOCUMENT RMC - Malek, 42 ans, est accroc au crack depuis 10 ans et vit la majeure partie de son temps à Stalingrad, quartier du nord de Paris gangréné par le trafic et la consommation de drogue.

Le quartier de Stalingrad, dans le 19e arrondissement de Paris, fait ces dernières semaines régulièrement les gros titres. Gangréné par le trafic et la consommation de crack, une drogue connue pour faire des ravages, le quartier renommé "Stalincrack" est en proie à d’importants problèmes d’insécurité: bagarres, agressions mais aussi viols de femmes toxicomanes... Les riverains sont à bout et manifestent régulièrement pour dénoncer ces nuisances.

Dans le quartier, les toxicomanes sont très nombreux. L'un d'eux témoigne sur RMC ce mercredi. Il a le visage marqué, la mâchoire serrée. Il s’appelle Malek, il a 42 ans et consomme du crack depuis 10 ans.

Il connaît beaucoup de consommateurs, qui selon lui sont de plus en plus violents: "Ils sont accrocs et ils n'ont plus de limites. Ils attendent les gens qui viennent acheter pour pouvoir les agresser".

"J’ai commencé à fumer par plaisir puis par dépit, pour oublier mes problèmes et mes soucis. Aujourd'hui, c'est matin, midi et soir"

Malek estime qu’il y a plus d’un millier de consommateurs réguliers dans le quartier. Des anciens de “la colline du crack”, cette bretelle de périphérique du nord de Paris, où se rassemblaient les drogués, avant qu’elle soit démantelée:

"Depuis qu'ils ont fermé la colline, toute la merde de là-bas est venue ici à Stalingrad. Avant, nous on venait ici quand même mais on respectait les riverains on faisait attention aux enfants. Maintenant ça crie la nuit, ça rentre dans les halls, ça fait caca sur le trottoir, ça agresse les gens, je comprends que les riverains pètent les plombs".

Lui, vit dans la rue depuis plusieurs années. Il avait une femme, il a 4 filles. Un jour, il divorce, et c’est l’engrenage, il perd son travail.

Aujourd'hui il vit du RSA, et en partageant avec d’autres consommateurs il arrive toujours à avoir une dose:

"J’ai commencé à fumer par plaisir puis par dépit, pour oublier mes problèmes et mes soucis. Et je me suis enfoncé. Aujourd'hui, c'est matin, midi et soir".

Il rêve de décrocher. Il a parfois réussi à arrêter un ou deux mois, mais il est toujours revenu au crack.

>> A LIRE AUSSI - Viol filmé en pleine rue à "StalinCrack": "C'est intenable, on ne peut pas vivre en ayant peur de tout le monde autour de soi"

Maxime Brandstaetter (avec G.D.)