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"Ce sont les jeunes qui font la loi" : le ras-le-bol des habitants de Savigny-le-Temple après des tags promettant des primes pour tuer ou violer des policiers

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Des tags anti-police ont été découverts ce week-end dans un point de deal à Savigny-le-Temple en Seine-et-Marne. Les auteurs indiquent des sommes, des primes, pour ceux qui tueraient ou violeraient des policiers. Dans la ville, les habitants ne sont pas étonnés et évoquent des immeubles aux mains des dealers.

Cela fait 4 ans que Karl habite la commune de Savigny-le-Temple dans le Seine-et-Marne. Quatre ans, qu'il veut à tout prix quitter la quitter et fuir les trafics: "Je viens d'avoir un petit garçon. Je ne veux pas qu'il grandisse ici. Ma fille n'a pas d'amie ici, mes enfants ne sortent pas". Et une nouvelle étape a été franchie. De nouveaux tags ont été découverts ce week-end dans un point de deal de la ville. Des tags promettant des primes pour le meurtre ou le viol de policiers: "Couper la tête d’un policier" pour 500.000 euros, "jet de boule de pétanque sur la police", pour 200 euros ou encore "violer une policière" pour 500.000 euros, c'est ce que l'on pouvait lire sur les murs d'un hall d'immeuble connu pour être un point de deal de la ville de 30.000 habitants.

Les tags, des menaces de morts et de viols contre les policiers n'étonnent pas Karl qui le voit chaque jour: ce sont les dealers qui contrôlent les halls d'immeuble de son quartier: "Tu habites à Savigny dans un bâtiment qui n'appartient pas à l'organisme qui te loue le bâtiment. Il appartient aux jeunes qui font la loi dans le coin. Ils font du bruit quand ils veulent, de la moto, c'est chaud".

Comme lui, ils sont nombreux à penser au déménagement sans y parvenir. Hors micro, par peur des représailles, les habitants confient leur colère. Car l'insécurité est bien présente ici détaille Lucas: "Il y a quelques vols de temps en temps, quelques trafics, des petites bagarres au niveau de la gare et même parfois des règlements de comptes", énumère-t-il. "Pour moi, il n'y a pas assez de policiers qui patrouillent, je ne les vois pas souvent".

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Les tags effacés, les dealers de nouveau sur place après le départ de Gérald Darmanin

Michel, optimiste : pense que ces graffitis ne sont que des paroles en l'air: "Ces écritures, on ne peut pas dire que c'est banal mais si c'est un gamin de 15 ans qui va écrire ça que va-t-on dire: que c'est un 'petit con'. Je ne pense pas qu'ils vont tuer. Entre jeunes il y a eu des petites rivalités mais ce n'est jamais allé plus loin qu'une bagarre", assure-t-il.

Reste que les nombreux tags découverts ce week-end sont symptomatiques des menaces qui pèsent sur la police estime Christophe Gonzalez, secrétaire régional du syndicat Alliance: 

"Quand vous avez de la haine anti-flic et des propos aussi haineux et aussi violent, c'est clairement dégueulasse. Ce qu'il faut, c'est que la peur change de camp, qu'elle ne soit plus du côté de la police qui fait très bien son travail. Il faut que ces voyous aient peur de la police et que la justice fasse son travail".

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin s'est rendu sur place dimanche: il a condamné des tags inacceptables et remercié les policiers pour leur lutte contre les trafiquants. Aussitôt sa visite achevée et à peine les murs repeints, le hall d'immeuble était redevenu un point de deal.

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Maxime Levy et Bettina de Guglielmo (avec Guillaume Dussourt)