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Affaire "Mila": "On sait tous parler mais s’exprimer en public, ça s’apprend"

Après avoir partagé une vidéo où elle insultait l'islam, une adolescente a été menacé de mort et ses informations personnelles divulguées sur internet.

Deux enquêtes ont été ouvertes après la diffusion d'une vidéo d'une adolescente insultant l'islam. Une première enquête a été ouverte pour incitation à la haine raciale tandis qu'une seconde l'a été après les menaces de mort reçues par Mila, l'adolescente qui a publié la vidéo.

Après la vague d'insultes et de menaces, l'association e-Enfance, chargée de la protection de l'enfance sur internet a pris en charge le cas de Mila: "On a des protocoles de signalement accélérés auprès des réseaux sociaux. On a stoppé l’hémorragie de la diffusion de la vidéo et nous avons parlé avec la plate-forme Pharos compétente pour mener des enquêtes", explique sur RMC Justine Atlan, directrice de l'association e-Enfance.

"On a eu Mila au téléphone. Aujourd’hui elle se rend compte de la violence qu’elle subit. Elle a peur et regrette ses propos en public. On lui a conseillé de disparaitre des réseaux sociaux, de fermer tous ses comptes pendant quelques jours (…) le temps que l’histoire se calme. On sait que ces phénomènes flambent et puis s’arrêtent", précise-t-elle.

"Les adolescents ont très vite compris les règles de la popularité sur les réseaux sociaux"

"On sait tous parler mais s'exprimer en public, ça s'apprend", ajoute Justine Atlan qui rappelle que la liberté d'expression "a un cadre en France", et précise que les adolescents ont toujours eu besoin d'exister, un besoin qui peut s'exprimer facilement grâce aux réseaux sociaux: "Les adolescents ont très vite compris les règles de la popularité sur les réseaux sociaux : de l’excès de propos, ou ce qui est lié au sexe".

"Twitter est une plateforme où il y a le plus de propos qualifiés de haineux. Cette plateforme a tenu a se positionner en permettant d’aller très loin dans la liberté d’expression, en s’inspirant du modèle américain, il y a donc des propos qui sont pour nous français manifestement illégaux et qui sortent du cadré légal français", conclu Justine Atlan, alors que la vidéo de Mila a eu un fort retentissement sur la plate-forme.
G.D.