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"C'est une bête qui est hors de contrôle": Pierre, riverain de "Stalincrack", vit entre colère et désespoir

TEMOIGNAGE RMC - Les toxicomanes et dealers de crack continuent de pourrir la vie de nombreux habitants du nord-Est de Paris. Pierre en fait partie et témoigne d'une situation qui empire chaque mois.

Le crack continue de faire de ravages, et gangrène des quartiers entiers partout dans le monde. C'est toujours le cas du Nord-Est de Paris qui n'a toujours pas trouvé de solution à ce sempiternel fléau.

Pour sécuriser le malfamé quartier de "Stalincrack" près de le station de métro Stalingrad, la maire de la Paris, Anne Hidalgo, a proposé plusieurs sites mêlant soin, hébergement et espaces de consommation pour les toxicomanes dans un courrier adressé lundi au Premier ministre Jean Castex.

Pierre, riverain du jardin d'Eole n'est pas convaincu, et a partagé sa colère et son exaspération ce mardi sur RMC dans Apolline Matin.

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"Beaucoup de personnes ont déménagé, ce n'est plus vivable"

"C'est une trahison totale. Le discours d'Anne Hidalgo était assez bancal pour ne pas dire un peu un tissu de mensonges. Les toxicomanes sont à l'entrée du parc, trois entrées sur quatre sont condamnées et squattées par les consommateurs, et surtout par les dealers.
Le terme mentir est peut-être un peu fort mais c'est la réalité car c'est elle qui a créé cette évacuation sans consulter la préfecture de police et après, demande à la préfecture de police d'intervenir...
Beaucoup de personnes ont déménagé, ce n'est plus vivable. La majorité des gens voudraient partir mais n'ont pas les moyens. L'insulte est facile sur les riverains en disant "c'est des fachos" ou "c'est des bobos". On aime tous ce quartier et on ne comprend pas pourquoi ce serait à nous de bouger."

"Je suis vraiment très choqué car depuis depuis deux mois les personnes sont de plus en plus jeunes"

"Moi qui suis au contact avec les consommateurs, ils nous demandent: 'Pourquoi vous ne vous attaquez pas aux dealers?'. Ca touche tous les milieux et toutes les classes sociales le crack, je suis vraiment très choqué car depuis depuis deux mois les personnes sont de plus en plus jeunes. Des jeunes de 16-17 ans qui tombent dedans et ça c'est quelque chose que je refuse d'accepter car ce sont des gens qu'on peut encore aider."

"Quand je parle aux fonctionnaires de police la plupart sont découragés et ne veulent plus intervenir sur place"

"Les dealers, ce sont nos voisins, ils sont tous identifiés, mais ça fait deux ans qu'on vit avec eux, la plupart son encore là et c'est ça qu'on ne comprend pas. Quand je parle aux fonctionnaires de police la plupart sont découragés et ne veulent plus intervenir sur place. Et je peux le comprendre, car ça sert à quoi d'arrêter quelqu'un qui ressort le lendemain?
Pour en sortir c'est très compliqué, cette bête qui a été créé qui est le trafic de crack qui pullule et grossit de mois en mois depuis quasiment deux ans maintenant a totalement échappé aux pouvoir municipaux et aux pouvoirs de l'Etat car c'est une responsabilité collective."
J.A.