RMC

Mort d’un agent du fisc lors d’un contrôle: "C’était quelqu’un d’apprécié, empathique"

Un chef de brigade de vérification du fisc a été tué à coups de couteau à Bullecourt, dans le Pas-de-Calais, ce lundi.

Drame dans le Pas-de-Calais. Un agent du fisc de 43 ans a été tué ce lundi après avoir été séquestré avec une collègue dans le cadre d'un contrôle fiscal chez un brocanteur de Bullecourt, qui s'est ensuite donné la mort. La victime, inspecteur principal des finances publiques, a été retrouvée morte "probablement à la suite de coups de couteau", comme l'explique le parquet d'Arras dans un communiqué. L'inspectrice "qui l'accompagnait, très choquée, a été prise en charge par les secours. Ses jours ne sont pas en danger", a-t-il ajouté.

Tous deux "procédaient à une intervention à domicile pour effectuer une vérification de la comptabilité" de l'entreprise d'un homme de 46 ans, qui les auraient alors séquestrés et ligotés. La victime était chef de brigade de vérification dans le Pas-de-Calais et accompagnait probablement sa collègue, connaissant le profil compliqué de la personne contrôlée.

"La pratique (habituelle), c’est que le vérificateur se déplace seul, explique à RMC une inspectrice sous couvert d’anonymat. "Face à une situation difficile, on peut y aller à plusieurs mais c’est rare. Si le chef de brigade a accompagné une vérificatrice de son équipe, c’est une circonstance exceptionnelle, il n’était sans doute pas là par hasard".

Cette contrôleuse fiscale connaissait bien la victime: "C’était quelqu’un d’apprécié, sympathique, empathique, qui prenait soin des gens de son service. Un chef de brigade qui avait encadré plusieurs services et qui était un responsable expérimenté. On lit des commentaires odieux sur les réseaux sociaux qui justifient la mort de ce chef de brigade. Ce n’est pas parce qu’on fait des contrôles fiscaux qu’on mérite de mourir".

Le brocanteur, divorcé et père de deux enfants, "était arrivé dans le village il y a quatre ans", a affirmé à l'AFP le maire du village, Éric Bianchin. "Il avait acheté une ferme rue de Quéant, où il faisait des ventes chez lui. Il vidait les maisons, les vides-greniers et revendait chez lui", a-t-il ajouté, les yeux humides derrière ses lunettes.

"C'est un petit village, tout le monde se connaît. Je n'ai jamais eu de problème avec lui, il était serviable, c'était une personne lambda. Il était intégré dans le village", a poursuivi le maire. Selon lui, les habitants "le voyaient très peu", car "il partait très tôt le matin pour son activité"

Les collègues de la victime et plus largement tous les agents des finances publiques sont "bouleversés et en deuil", a déclaré Gabriel Attal, ministre des Comptes publics, devant le Sénat, évoquant "un drame innommable".

J.A. avec Marion Dubreuil