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Il aurait détourné au moins 5,8 millions d'euros d'aides de l'Etat depuis Dubaï: qui est l'influenceur "PA7"?

Les enquêteurs ont identifié au moins "657 autoentrepreneurs et gérants véreux" ayant fait appel aux services du jeune homme.

"PA7" était son identifiant sur Snapchat: un Français installé à Dubaï a été mis en examen et écroué fin août, soupçonné d'avoir escroqué le fonds d'aide Covid aux entreprises via les réseaux sociaux.

L'homme âgé de 24 ans, Paul A., a été interpellé à sa descente de l'avion le ramenant des Emirats arabes unis le 25 août. Il a été mis en examen le lendemain pour "escroquerie en bande organisée et tentative (d'escroquerie), blanchiment en bande organisée et perception indue de prestations sociales".

Au total, il aurait détourné pour le compte d'autoentrepreneurs, en touchant une commission au passage, "au moins 5,8 millions d'euros d'aides d'Etat" aux entreprises mises à mal par l'épidémie de Covid-19, selon nos confrères du Parisien qui ont révélé l'information. Une somme que son avocate Carole Foissy conteste. "Le montant détourné, quel qu'il soit, n'est de toutes façons pas le montant qu'il a perçu", modère-t-elle. 

Se faisant connaître via les réseaux sociaux, le jeune homme aidait les entrepreneurs à remplir des dossiers de demandes d'aides, "remplaçant leurs secteurs d'activité par ceux qui restent encore éligibles au gré de l'évolution de la crise sanitaire" et gonflant "le chiffre d'affaires de 2019 pour faire croire à une perte de revenus en 2020 à cause de la pandémie", indique Le Parisien.

L'enquête avait démarré en début d'année: la Direction des finances publiques des Yvelines avait contrôlé une personne ayant touché des aides Covid et découvert que celle-ci n'y était pas éligible. Elle avait alors expliqué comment elle avait été aidée et la police avait ainsi pu remonter jusqu'à "PA7", selon une source proche du dossier. Une instruction a été ouverte par le parquet de Paris le 7 mai et un mandat d'arrêt est alors lancé contre "PA7". 

Lors de son interrogatoire de première comparution, celui-ci n'a pas souhaité s'exprimer, selon son avocate. Son casier judiciaire ne porte "qu'une seule mention" et il n'a "jamais été condamné pour escroquerie" auparavant, a-t-elle précisé. "Il a reçu une excellente éducation mais a quitté l'école très jeune, il n'était pas adapté. C'est un jeune homme qui est tombé la tête dans les réseaux sociaux comme beaucoup, ça a été pour lui un cercle vicieux, il les a utilisés à des fins illégales."

Les enquêteurs ont identifié au moins "657 autoentrepreneurs et gérants véreux" ayant fait appel aux services du jeune homme, selon Le Parisien.

Dans ce dossier, un second protagoniste a été mis en examen des mêmes chefs et écroué le 9 septembre, selon la source judiciaire qui n'a pas précisé quel rôle présumé il aurait joué dans l'escroquerie. 

La rédaction de RMC avec AFP