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Incarcéré de son plein gré après avoir avoué 17 cambriolages: "Je n'ai jamais vu une telle démarche"

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Après avoir promis qu'il allait changer de vie, Christophe, un jeune délinquant de 21 ans, s'est présenté à la gendarmerie de Neufchâteau dans les Vosges le soir du réveillon pour avouer ses 17 cambriolages.

Il voulait rentrer dans le droit chemin. Christophe, un jeune délinquant de 21 ans, s'est présenté à la gendarmerie de Neufchâteau dans les Vosges le soir du réveillon pour avouer ses 17 cambriolages. Il n'était pas recherché par la justice qui n'avait aucune indication sur lui. Une bonne résolution qu'il avait prise quelques heures avant face à sa mère: celle de changer de vie.

Ce jeune délinquant décrit comme désocialisé par son avocat voulait "payer" et s'il n'a pas demandé d'indulgence, la repentance a tout de même suscité la clémence: il a écopé de six mois de prison ferme et 6 mois avec sursis. "Bien évidemment qu'une peine plus lourde aurait été prononcée s'il s'agissait de flagrant délit, déclare Etienne Manteaux, procureur de la République du TGI d'Epina, pour justifier cette clémence. Mais il s'agit d'un individu qui vient repentant et expliquant en détail les méfaits qu'il a commis. Ce ne sont d'ailleurs que des atteintes aux biens et pas des atteintes aux personnes".

"Il avait l'air sincère"

"Ce n'est pas contraint et forcé qu'il avoue mais bien spontanément, poursuit-il. En clair, s'il n'avait pas reconnu les faits, il n'aurait jamais été condamné". Pour le procureur, le jeune homme "avait l'air sincère sur ses aveux et sur le fait qu'il voulait vraiment repartir sur de nouvelles bases. On peut donc considérer qu'il y a plus de chances que ses bonnes intentions soient suivies d'effets". Lors de l'audience une petite dizaine de victimes avait fait le déplacement.

Et, selon Me Renaud Girardin l'avocat commis d'office de Christophe, l'une de ces victimes, émue par les regrets de ce jeune délinquant et par sa volonté de revenir dans le droit chemin, a pris la parole pour renoncer à demander des dommages et intérêts. "Je n'ai jamais vu une personne entreprendre une telle démarche. Il a expliqué qu'il avait fait ça, qu'il voulait payer pour ça, qu'il ne demandait pas particulièrement l'indulgence du tribunal et qu'il souhaitait vraiment se repentir. Il y avait une forme de sincérité dans ses propos".

M.R avec Pierre Gallaccio