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"Le ciel n'est jamais bleu chez nous": une montagne de poussière pollue la vie des riverains d'une décharge illégale

RMC S'ENGAGE POUR VOUS - Des habitants du Var se battent contre une décharge illégale juste à côté de chez eux.

Agnès et ses voisins qui vivent à Puget-sur-Argens dans le Var. Et s’ils nous ont contacté, c'est parce qu'ils n'en peuvent plus des tas de gravats, de sable, de pierres tout près de chez eux... Plus de 160.000 tonnes de déchets issus de chantiers qui génèrent énormément de poussière. 

"Les camions arrivent les uns derrière les autres, déchargent la marchandise dans un nuage de poussière. C'est pas que dans l'air, mon matelas, je suis obligée de l'aspirer régulièrement. Et si on étend le ligne dehors c'est pas possible... D'ailleurs quand on regarde, le ciel n'est jamais bleu chez nous. Il est gris marron. J'ai peur à force de respirer ça parce qu'il y a de la poussière partout"

Une décharge illégale

Au début, l'entreprise de BTP qui stocke ses déchets, Amaray BTP, avait une autorisation mais la décharge s'est beaucoup trop étendue et maintenant oui elle est totalement illégale. Les déchets ne sont pas traités, il n'y a aucune précaution pour éviter une pollution des sols. D'ailleurs, Tarek, un autre riverain, assure que le puits de son terrain a été pollué à cause de la décharge.

"C'est un puits qui a 27 mètres de profondeur, qui est dans la nappe phréatique et il est pollué par des carburants et des huiles de vidange. On ne peut plus l'utiliser. Je prenais la douche avec et le jour où j'ai pris des carburants je me suis pris une douche au fioul."

Situation bloquée

En fait, c'est la responsabilité de la préfecture. On ne peut pas dire qu'elle n'a rien fait. Elle a pris un arrêté. L'entreprise a 18 mois pour évacuer ses déchets, sauf que c'était en avril dernier. Depuis rien n'a bougé. Au contraire la montagne ne cesse de grossir, au grand désespoir du maire de Puget.

"Je ne peux rien faire. Je continue à verbaliser. notre police municipale peut verbaliser quand elle voit un camion plein entrer sur le site. Mais ils ne peuvent pas être là en permanence. Il faut attendre."

Parce qu'effectivement le patron d’Amaray BTP doit comparaître début décembre devant un tribunal. Mais en attendant il continue comme si de rien n’était. Du coup on a relancé la préfecture. Parce que normalement l'entreprise devait donner régulièrement des garanties sur l'évacuation des déchets.

La préfecture nous a confirmé que ça n'avait pas été fait. Donc l'arrêté préfectoral n'est pas respecté. Et donc la préfecture s'est engagée à venir sur place constater que rien ne bouge et à prendre dans la foulée des sanctions qui pourraient aller jusqu'à la fermeture administrative du site. C'est évidemment tout ce que demandent les riverains.

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Marie Dupin avec Benoît Ballet (édité par J.A.)