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Mort d'un agent du fisc: un syndicat dénonce des propos "haineux et abjects" sur les réseaux sociaux

Deux agents du fisc ont été séquestrés et l'un d'entre eux a été tué à coups de couteau dans la commune de Bullecourt (Pas-de-Calais), ce lundi. L'émotion chez leurs collègues est forte.

"Révoltant qu'un serviteur de l'Etat, de la République, des Français puisse être (...) tué parce qu'il fait son travail". Gabriel Attal, ministre des Comptes publics, a rendu hommage ce mardi à l'agent du fisc tué la veille à Bullecourt (Pas-de-Calais).

Ce fonctionnaire s'était rendu au domicile d'un brocanteur en compagnie d'une inspectrice pour effectuer une vérification de la comptabilité. Ils auraient alors été séquestrés et ligotés par l'entrepreneur. Alertée par un voisin, la gendarmerie a retrouvé plus tard dans la journée le corps inamé du chef de brigade du fisc, l'inspectrice ligotée sous le choc, et le corps du brocanteur qui se serait donné la mort à l'aide d'une arme à feu.

L'émotion est grande chez leurs collègues. Une contrôleuse fiscale qui connaissait bien la victime contactée par RMC, évoque quelqu’un "d’apprécié". "Il était sympathique empathique qui prenait soin des gens de son service", nous confie-t-elle.

Elle regrette surtout de voir des commentaires "odieux" sur les réseaux sociaux" qui justifient la mort de ce chef de brigade. "Ce n’est pas parce qu’on fait des contrôles fiscaux qu’on mérite de mourir", souffle-t-elle.

"Avant tout une mission d’intérêt et de service publics"

Le syndicat Solidaires Finances Publiques, en proie à une très vive émotion, s’inquiète pour l’ensemble des agents confrontés à un drame "inimaginable et totalement inacceptable".

"Pour l’heure, notre organisation syndicale est dans le recueillement et apporte son soutien à la famille de la victime, à notre collègue agressée, aux collègues des services directement impactés et à l’ensemble de la communauté DGFiP (direction générale des finances publiques). Viendra ensuite le temps des interrogations, de l’analyse et de la réflexion", explique le syndicat qui déplore également des "propos haineux et abjects" sur les réseaux sociaux.

"Solidaires Finances Publiques rappelle que le contrôle fiscal, contrepartie du système déclaratif, est avant tout une mission d’intérêt et de service publics", notent-ils, demandant à ce que les agents soient "soutenus et accompagnés".

"Il est regrettable d’entendre, parfois au plus haut niveau de la représentation politique, des expressions jetant l’opprobre sur les agents en charge d’une mission difficile et délicate et qui éprouvent un fort sentiment de défiance à leur égard."

J.A. et Marion Dubreuil