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Morts sur le Pont-Neuf: "On est anéanti", les premiers mots du frère des deux hommes tués

EXCLU RMC. Les deux hommes morts après les tirs d’un policier sur le Pont-Neuf, à Paris, dimanche soir, étaient demi-frères. RMC a rencontré un autre membre de cette fratrie et de cette famille "anéantie".

"On est anéanti". Ce sont les mots, auprès de RMC, de l’un des frères des deux hommes morts après les tirs d’un policier ce dimanche soir sur le Pont-Neuf, à Paris. Selon la version des fonctionnaires de police, la voiture dans laquelle ces deux hommes circulaient aurait redémarré précipitamment et aurait foncé vers l’un des membres des forces de l’ordre. Armé d'un fusil d'assaut, un gardien de la paix de 24 ans, faisant partie de la compagnie de sécurisation de la Cité, a ouvert le feu sur le véhicule, qui prenait la direction du Pont-Neuf, où il a terminé sa course après être monté sur un terre-plein. Une troisième personne, qui était à l’arrière de la voiture, a été blessée.

"On ne comprend pas comment ce policier a pu tirer avec un fusil d'assaut sur mes frères"

Les deux hommes qui sont décédés étaient demi-frères. Le conducteur avait 25 ans, le passager avant avait 31 ans. RMC a pu rencontrer un autre membre de la fratrie, leur frère aîné, dans le quartier des Amandiers, dans le 20e arrondissement de Paris, ce jeudi. "On est anéanti, ma mère est anéantie, confie-t-il à RMC. On a appris leur mort par un journaliste, ça a été terrible. On ne comprend pas ce qui a pu se passer, comment ce policier a pu tirer avec un fusil d'assaut sur mes frères."

Dans ce quartier du 20e arrondissement de Paris, les jeunes en bas des immeubles connaissaient ces deux frères mais n'en disent pas plus. Ils respectent la douleur de la famille, qui est en deuil et ne souhaite pas s'exprimer davantage.

Le policier mis en examen pour "homicide volontaire", notamment

Le policier auteur des coups de feu a été mis en examen ce mercredi pour "homicide volontaire" concernant le conducteur, pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner" s'agissant du passager avant et pour "violences volontaires aggravées par personne dépositaire de l'autorité publique" envers le passager arrière. Les deux frères étaient connus des services de police pour trafics de stupéfiants.

La légitime défense n’a pas été retenue pour le moment. Ce gardien de la paix a été placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de quitter le territoire "sauf exception", de paraître à Paris, d'entrer en contact avec le service de police auquel il appartient pendant six mois, d'exercer en tant que policier impliquant un contact avec le public, de porter une arme et de contacter les victimes. Il a également une obligation de soins.

LP avec Maxime Levy