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Nordahl Lelandais "était particulièrement préparé à son action" selon le directeur de l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale

Les gendarmes ont réussi à faire parler Nordahl Lelandais après avoir identifié une tache de sang de Maëlys dans le coffre de sa voiture. Quelles sont leurs techniques? Avec Colonel Patrick Touron, directeur de l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale.

Après six mois de silence, Nordahl Lelandais a avoué mercredi avoir tué la petite Maëlys et a fourni aux enquêteurs les indications qui ont permis de retrouver des restes de la fillette à l'issue de difficiles recherches dans la montagne enneigée. 

L'ex-militaire de 34 ans a affirmé que le décès de l'enfant était "involontaire" mais a refusé dans l'immédiat de s'exprimer sur les circonstances de sa mort, a indiqué le procureur de la République de Grenoble Jean-Yves Coquillat devant la presse. Le crâne de l'enfant et un os long ont été découverts en fin d'après-midi, a-t-il précisé.

"Faire entendre la vérité scientifique, celle de Maëlys"

Plusieurs indices accablaient depuis près de six mois l'unique suspect de l'enlèvement et du meurtre de la fillette de 8 ans: une trace ADN de Maëlys retrouvée sur le tableau de bord de son véhicule et des images de caméra de surveillance filmées dans la nuit de sa disparition. Pourtant, c'est en désossant son véhicule, une Audi A3 pourtant méticuleusement nettoyée, que les enquêteurs ont fait basculer l'enquête en découvrant une trace de sang, appartenant bien à la petite fille.

Pour le Colonel Patrick Touron, directeur de l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale, invité de RMC, jeudi matin, ce détail est clé: "C'est typique de ces criminels qui ont tendance à préparer leur action, d'être dans le contrôle de chacune de leurs actions. Et lorsque quelque chose, un grain de sable vient enrayer leur mécanique, il se déstabilise. Là, c'est une trace de sang".

La "maniaquerie" de Nordhal Lelandais 

Le gendarme est également revenu sur les techniques utilisées: "Depuis le début de gros moyens étaient engagés sur cette affaire, avec plus de 20 enquêteurs, 50 personnes en continu et, mercredi sur le terrain, il y avait près de 100 personnes pour récupérer tous les éléments possibles. Car, nous avons une version, celle de l'auteur présumé, et la vérité scientifique, celle de Maëlys, et seuls les enquêteurs pourront l'apporter".

Selon lui, Nordhal Lelandais "était particulièrement préparé à son action, qu'il avait particulièrement bien nettoyé son véhicule. Lorsque nous avions déjà inspecté cette voiture, nous ne savions pas la méthodologie, la maniaquerie avec laquelle il avait procédé. Nous avons donc étudié cela avec un autre angle, celui d'un auteur qui aurait voulu cacher ses éléments. On a donc travailler sur toutes les parties difficilement accessibles au nettoyage. La science avance beaucoup. Nous avons des techniques d'éclairage, de spectres visibles ou invisibles, qui nous permettent de révéler des traces quasi-invisibles à l'oeil nu. Mais aussi des lasers, des nouvelles analyses ADN. Le monde a carrément changé et il est très difficile d'échapper à une trace qu'on aurait déposer".

Jean-Jacques Bourdin et X.A