RMC

Perquisition "fructueuse" au domicile de Delphine Jubillar en présence de son mari: ce que recherchent les enquêteurs

La jeune femme a disparu à Cagnac-les-Mines, près d'Albi, dans la nuit du 15 au 16 décembre et n'a toujours pas été retrouvée.

Une perquisition au domicile du couple Jubillar, à Cagnac-les-Mines, mardi, quelques jours après la mise en examen de Cédric Jubillar, l'époux de la disparue. Le procureur de la République a parlé après cette mise en examen d'une "présomption d'homicide", en mettant l'accent sur un "contexte de séparation très conflictuel".

Et justement, les enquêteurs sont à la recherche de nouveaux éléments - textos et photos - envoyés par le couple et cherchaient à mettre la main sur du matériel informatique. Une opération qualifiée de "fructueuse".

Une clé USB au coeur de l'enquête

Les gendarmes auraient mis la main sur des informations précieuses, contenues dans une clé USB et dans des cartes mémoire d'appareil photo. Selon le journal Le Parisien, confirmé par son avocat, plusieurs milliers de photographies et de captures d'écrans, extraites du smartphone de Cédric Jubillar, sont recherchées.

Des captures d'écran qu'il aurait pu extraire du téléphone de sa compagne, dans le but de la surveiller, et de traquer la présence d'un amant, dont il suspectait l'existence. Des messages écrits aussi, révélant l'état d'esprit de Cédric à l'égard notamment de son épouse, dont il parlerait en des termes peu aimables.

"Je ne m'explique pas cette perquisition. Le matériel saisi est extrêmement limité", a affirmé l'avocat du mari. Pourquoi cette clé USB et les cartes d'appareil photo n'ont pas été saisis avant, la maison ayant déjà fait l'objet de fouilles très minutieuses? "C'est très nébuleux", consteste Me Jean-Baptiste Alary.

Les enquêteurs doivent désormais analyser ces documents. Tous ces documents seront décryptés dans les prochaines semaines. Une perquisition qui ne fait pas suite à un revirement de Cédric Jubillar qui continue de contester toute implication dans la disparition de sa femme. 

Cédric Jubillar a été mis en examen et écroué vendredi pour "homicide volontaire par conjoint", six mois après la disparition de son épouse, Delphine Jubillar, 33 ans, une infirmière du Tarn, mère de leurs deux enfants.

L'avocat du plaquiste de 34 ans qui était en instance de séparation, a précisé que l'appel "de l'ordonnance de placement en détention provisoire" qu'il comptait défendre en début de semaine prochaine était repoussé pour des raisons "d'emploi du temps". 

"Requête en nullité"

Me Alary a ajouté qu'il attendait "d'obtenir copie du dossier", particulièrement volumineux avec quelque 2.500 actes, pour présenter "une requête en nullité de la mise en examen". "Où sont les indices graves et concordants? On reste un peu sur notre faim", a-t-il affirmé.

nterrogé sur un texto "J'ai grillé Delphine", envoyé par Cédric Jubillar à un proche, l'avocat a répondu: "je ne connais pas le contexte, on ne peut pas en faire un élément à charge". Selon les enquêteurs, il pourrait être lié à la découverte par Cédric Jubillar de la liaison de Delphine avec un "amant de Montauban".

"A ce stade du dossier, sans corps, sans connaître les origines d'un décès dont on ignore jusqu'à la réalité, retenir une intention homicide est ahurissant", avait dénoncé dès vendredi l'avocat.

"Le dernier scénario est une dispute qui a mal tourné, et quelques heures plus tard devant le juge on dit que c'est un meurtre aggravé. L'incohérence est assez massive", avait martelé Me Alary. 

Faisant suite à la mise en examen de Cédric Jubillar, le procureur de la République de Toulouse Dominique Alzeari avait indiqué vendredi lors d'une longue conférence de presse que la "disparition criminelle (était) privilégiée" dans ce dossier avec une "présomption d'homicide".

Le magistrat avait insisté sur un "contexte de séparation très conflictuel" avec une violente dispute le soir du 15 décembre, date de la disparition de la jeune infirmière, une altercation dont aurait été témoin leur fils de 6 ans.

Rémi Ink (avec J.A.)