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Plan de "sécurité sexuelle": le 3919 débordé par la hausse spectaculaire des appels

Alors que le chef de l'Etat présente son plan de "sécurité sexuelle" ce samedi matin, le numéro d'écoute national dédié aux femmes victimes de violences se dit débordé par les appels.

Emmanuel Macron dévoile ce samedi 25 novembre son plan contre les violences sexistes et sexuelles. L'an dernier, 123 femmes ont été tuées en France. 225.000 ont été victimes de violences. Et une sur cinq seulement porte plainte. 

"Ca a fait un déclic"

Spécialement dédié à l'écoute de ces femmes victimes de violences, la plate-forme téléphonique 3919 enregistre depuis l'affaire Weinstein début octobre une hausse des appels de 30%. Le résultat semble-t-il de la médiatisation des affaires de harcèlement sexuel et de violences conjugales.

Au 3919, les appels se succèdent sans répit. "En ce moment il y a beaucoup plus d'appels. Il y en a qu'on ne peut pas prendre parce qu'on est déjà en ligne. Elles disent qu'elles appellent parce qu'elles ont vu telle ou telle émission, ça a fait un déclic...", raconte une des écoutantes de la plate-forme, spécialement formée.

"Un phénomène rarement vu"

En octobre, 12% des appels reçus étaient liés à des violences sexuelles au travail ou en dehors du couple, pour 4% habituellement.

"C'est un phénomène qu'on a rarement vu. On l'avait vu une fois au moment de l'affaire Cantat-Trintignant. Ce phénomène de dévoilement est un moment particulier. Les femmes se sont dit 'ça suffit'", témoigne Françoise Brié directrice générale de la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF), association qui gère ce numéro d'écoute national.

Aujourd'hui, elles sont débordées.

"Il faudrait qu'on renforce absolument la plate-forme si on veut répondre à toutes les femmes qui veulent parler. Parce qu'on est une plate-forme nationale, parce qu'on est ouverts 7 jours sur 7, parce que on doit assurer un service public, quelque part. Depuis octobre, on est à flux tendu. Il faudrait au moins qu'on puisse avoir 2 ou 3 personnes supplémentaires", explique-t-elle.

A ses yeux, ce sujet est trop souvent minimisé:

"Les violences au travail, les violences sexuelles, les violences conjugales, c'est pas un épiphénomène. Ca concerne des dizaines de milliers femmes. C'est vraiment un problème grave dans la société qui a un impact sur la santé des femmes, sur leur travail."

Initialement dédié aux violences conjugales, ce numéro a été élargi en 2014 à toutes les formes de violences. 

Aurélia Manoli (avec P. C.)