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Producteur de musique tabassé: qui sont les 4 policiers mis en cause?

Selon les premiers éléments de l'enquête, les agents sont suspectés d'avoir également menti dans le procès-verbal d'intervention.

Quatre policiers ont été suspendus de leurs fonctions et Gérald Darmanin a demandé leur révocation après le tabassage d'un producteur de musique, documenté par une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux, en pleine polémique sur le droit de filmer les forces de l'ordre en opération.

Cette nouvelle affaire a éclaté à la faveur de la publication par le site Loopsider d'images qui montrent un homme noir, Michel Zecler, roué de coups par des fonctionnaires de police dans l'entrée d'un studio de musique du XVIIe arrondissement de la capitale. "On m'a dit 'sale nègre' plusieurs fois et en me donnant des coups de poing", a dénoncé la victime en venant porter plainte au siège parisien de l'Inspection générale de la police nationale. 

En plus de la vidéo de surveillance, un autre élément accable les policiers. Dans leur procès-verbal, les agents expliquent que l’homme ne portait pas de masque et qu’il sentait une forte odeur de stupéfiant, c’est à ce moment qu’ils ont décidé de procéder à un contrôle. Ils affirment alors que l’homme a tenté de se soustraire au contrôle, qu’il s’est rebellé en leur donnant des coups et qu’il a tenté de subtiliser leur arme de service lors de l’interpellation.

Qui sont les policiers?

Selon les informations recueillies par RMC, il s’agit de quatre policiers de la brigade territoriale du 17ème arrondissement de Paris. L’un d’eux est un brigadier expérimenté. Les deux autres des gardiens de la paix plus jeunes.

Ces quatre agents, désormais suspendus de leurs fonctions, sont ainsi suspectés d’abord d’avoir commis des violences injustifiées lors de l’interpellation du producteur de musique et d’avoir réalisé un faux en écriture publique. D'ailleurs, cette "rebellion" est un fait qui a été classé sans suite car le parquet a estimé que l’infraction n’était pas assez caractérisée.

L’IGPN va donc enquêter uniquement sur l’intervention très musclée des policiers. Le procureur de la République de Paris suit le dossier de très près et demande que l’enquête se déroule rapidement nous confie son entourage. 

Sur France 2, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé qu'il demanderait "la révocation" des policiers mis en cause, "dès que les faits seront établis par la justice". Il les a accusés d'avoir "sali l'uniforme de la République". 

Jean-Baptiste Bourgeon avec Xavier Allain