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"Une scène d'horreur": émotion au procès des attentats de janvier 2015 après la diffusion des images de l'attaque de Charlie Hebdo

Lundi au quatrième jour du procès des attentats de janvier 2015, la Cour a examiné, minute par minute, l'attaque des frères Kouachi dans les locaux de Charlie Hebdo.

La scène de crime a été projetée sur l'écran de la salle d'audience. Sur les images, on voit les corps des victimes étendues à terre, la bande de vidéo-surveillance de l'arrivée des frères Kouachi dans les locaux, l'assassinat du policer Ahmed Merhabet.

À la barre, un enquêteur décrit "la scène de tuerie principale" projetée sur un écran, des images insoutenables de la rédaction de Charlie Hebdo, décimée quelques minutes plus tôt. À côté de chaque corps, un chevalet et une lettre pour identifier les morts, assassinés "au coup par coup", d'abord par les frères Kouachi, avant la seconde phase "pour achever les victimes", explique le policier. Dans la salle, le silence est absolu. En moins de 2 minutes, les terroristes ont tiré 33 fois, dont 7 fois sur Charb, à bout portant.

Le récit clinique de ce parcours meurtrier est effroyable: l'une des rescapées sort de la salle en pleurs. Tout le monde retient son souffle à la vue des images de vidéo-surveillance de l'accueil de Charlie Hebdo : les Kouachi entrent, calmement, tenant en joue la dessinatrice Coco, tirent froidement sur le webmaster, et ressortent 1 minute 48 plus tard, à travers une épaisse fumée, sans courir, le doigt levé vers le ciel, comme victorieux.

"C'est inhumain, il va falloir mettre un peu d'humanité dans ce procès"

Rien n'est flouté, les images sont insoutenables: "C'est une scène d'horreur et de guerre qui s'est passée en 1 minute 45. La plupart des victimes ont été lâchement assassinées, de balles tirées de l'arrière vers l'avant. C'est inhumain, il va falloir mettre un peu d'humanité dans ce procès", assure Cathy Richard l'avocate de la famille du dessinateur Bernard Maris.

Maryse Wolinski la veuve du dessinateur Georges Wolinski a assisté à la diffusion. Elle pourrait témoigner à la barre cette la semaine, mais hésite: "Je n'en suis pas sûre parce qu'il faut avoir le courage et peut être que je ne l'aurais pas. Je voudrais parler de ce qui m'importe, les conséquences de la violence sur les familles des victimes. J'aimerais aussi aborder l'avant-attentat, savoir pourquoi cet attentat a eu lieu".

Ce jeudi doit débuter l'audition des témoins présents lors de l'attaque dont la dessinatrice Coco prise en otage dès l'arrivée des frères Kouachi dans les locaux de Charlie Hebdo. Des récits essentiels pour reconstituer le parcours meurtrier des frères Kouachi. 

Gwladys Laffitte et Jean-Baptiste Bourgeon (avec Guillaume Dussourt)