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Avignon: la fresque dénoncée comme antisémite a été effacée

La préfecture et la communauté d'agglomération du Grand Avignon ont confirmé que la fresque représentant Jacques Attali en marionnettiste et Emmanuel Macron en Pinocchio a été effacée ce vendredi.

Une fresque de street-art peinte à Avignon et représentant l'économiste Jacques Attali en marionnettiste qui manipule un Emmanuel Macron-Pinocchio, largement dénoncée comme antisémite, a été effacée vendredi matin, ont confirmé la préfecture et la communauté d'agglomération du Grand Avignon à l'AFP.

"A la suite des réactions d'émotion et de la polémique grandissante suscitées par la fresque du graffeur Lekto située sur le parking des Italiens à Avignon, le préfet de Vaucluse a échangé hier avec le président du Grand Avignon, propriétaire des lieux, afin de convenir de l'effacement de cette fresque. Cette opération a été réalisée ce matin même", a indiqué la préfecture dans un courriel à l'AFP.

"Face aux très nombreuses réactions suscitées par la fresque de l'artiste de rue Lekto, faisant subitement l'objet d'une polémique très largement relayée par les réseaux sociaux, la Communauté d'agglomération du Grand Avignon a, dès hier après-midi, pris la décision de recouvrir la façade du bâtiment concerné qui lui appartient", avait quelques instants auparavant annoncé dans un communiqué l'agglomération avignonnaise.

La fresque avait déjà été partiellement recouverte, de manière anonyme, dans la nuit de jeudi à vendredi, a rappelé le Grand Avignon.

Vives réactions sur les réseaux sociaux

Depuis mercredi, cette peinture murale réalisée sur un transformateur électrique à l'entrée nord-est d'Avignon avait suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes dénonçant son caractère antisémite, comme l'avait révélé France Bleu.

"Il faut vraiment ne jamais avoir ouvert un livre d'Histoire pour ne pas voir à quel point cette image reprend tous les codes de la propagande antisémite et de l'iconographie fasciste. Refuser de l'effacer au nom de la 'liberté d'expression' est un scandale", a notamment réagi l'eurodéputé Raphaël Glucksmann sur Twitter.

Selon France Bleu, le Grand Avignon et la mairie d'Avignon, dirigée par la socialiste Cécile Helle, avaient dans un premier temps refusé de recouvrir la fresque afin de "respecter la liberté d'expression". Elles auraient finalement changé d'avis face à "l'insistance du préfet", avait précisé la radio.

Contactée par l'AFP, la mairie d'Avignon n'a pas réagi vendredi. "Comme d'habitude le problème ce sont les gens qui ne voient pas le problème", a twitté de son côté le dessinateur Joann Sfar, notamment auteur du "Chat du Rabbin".

"L'interprétation de cette fresque laisse peu de doute. La figure du banquier juif manipulant ses marionnettes est une représentation récurrente des antisémites. L'antisémitisme est ce bacille de la peste qui réapparaît toujours. Aucune faiblesse n'est tolérable", a également twitté le premier secrétaire du PS, Olivier Faure.

Contacté par l'AFP, le parquet d'Avignon n'a pas souhaité faire de commentaire sur cette affaire et confirmer ou infirmer l'éventuelle ouverture d'une procédure judiciaire.

LP avec AFP