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Crise à Mayotte: "Je suis prête à partir" annonce la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, sur RMC

La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, était l'invitée de Jean-Jacques Bourdin, vendredi. Elle est notamment revenue sur la "grève générale" contre l'insécurité qui se tient depuis trois semaines dans le département français.

La contestation contre l'insécurité qui secoue Mayotte depuis désormais trois semaines ne retombe pas. De nouveaux débrayages et blocages de routes sont de nouveau annoncés sur l'île dans le cadre d'une opération "île morte", à l'appel de l'intersyndicale et d'un collectif citoyen. 

En cause: le département connaît depuis le début de l'année des actes de violence à répétition notamment aux abords d'établissements scolaires, qui ont conduit les personnels de trois lycées à exercer leur droit de retrait, tout comme la grande majorité des chauffeurs de bus scolaire, dont les véhicules sont régulièrement caillassés.

Invitée de Jean-Jacques Bourdin sur RMC, Annick Girardin, la ministre des Outre-mer, s'est engagé à se rendre sur place rapidement:

."Je suis prête à partir. Je pars à Mayotte, si le dialogue est possible, je suis toujours là où je peut être la plus utile. J'y serai dès la rentrée des classes, qui doit se tenir lundi, pour y veiller. La rentrée des classes aura lieu lundi, du point de vue de l'Etat. La première des demandes des Mahorais est de sécuriser cette rentrée, de sécuriser le territoire et notamment en milieu scolaire, dans les transports. Ca fait très longtemps qu'à Mayotte, il faut avoir un autre accompagnement, un autre modèle de relation entre l'Etat et le territoire. Si la situation a explosé, c'est parce qu'il y a eu notamment des violences en milieu scolaire qui sont inadmissibles". 

Aujourd'hui, la population mahoraise est également exaspérée par la saturation de l'hôpital, des services publics ou des écoles, où faute de classes suffisantes, les enfants vont en cours par rotation. "La rentrée aura lieu, sauf si les barrages sont maintenus, ce que nous regretterons. Après la sécurité, il faut permettre la tenue des législatives des 18 et 25 mars" a estimé Annick Girardin.

"Un mois de RSA est l'équivalent d'un an de salaire aux Comores"

"La sécurité et les moyens sont en route" a ensuite rassuré Annick Girardin, ministre des Outre-merDépartement français depuis 2011 avec un taux de chômage très élevé (26%), Mayotte subit une forte pression migratoire des Comores, à seulement 70 kilomètres de ses côtes. "200 personnes de plus arrivent. Policiers, gendarmes, militaires de plus seront déployées, soit 1000 en tout. Elles sont capables de faire de la lutte contre l'insécurité mais aussi de lutter contre l'immigration. Parce que c'est la deuxième priorité des Mahorais: 45% de la population à Mayotte est étrangère. Il faut qu'on soit à la hauteur, en mettant les moyens, un patrouilleur vient d'arriver dans le port de Mayotte. Il faut insister, relancer la façon de travailler avec les Comores, Madagascar voisines. Il faut les aider à se développer. Il faut savoir qu'un mois de RSA est l'équivalent d'un an de salaire aux Comores".

Mardi, Annick Girardin a annoncé l'ouverture d'une "conférence pour l'avenir de Mayotte". Une avancée pour les manifestants qui ont annoncé maintenir leurs blocus en attendant une avancée concrète. Mercredi, une manifestation a ainsi rassemblé plusieurs milliers de personnes à Mamoudzou. 

"On ne peut pas y apporter les mêmes réponses qu'ailleurs sur le territoire. Le copier-coller ne marche pas" estime-t-elle, avant d'avancer que "Ce n'est pas une question de sous. Mayotte, c'est 1 milliard d'euros de transfert par an. Il faut aider les territoires à penser leur avenir. Mayotte a été mon premier voyage, c'est ma priorité".
Jean-Jacques Bourdin et X.A