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Grève générale à Mayotte: "C'est le chaos"

Depuis plus de deux semaines, l'île de Mayotte est paralysée par une grève générale. Les Mahorais réclament plus de sécurité dans cet archipel de l'océan indien.

L'île de Mayotte est bloquée depuis plus de deux semaines. Dans cet archipel de l'océan indien, les Mahorais protestent contre l'insécurité.

Ce jeudi matin, Patrick Millan journaliste à Mayotte, décrivait la situation:

"On ne se rend pas compte parce qu'on est à 12.000 kilomètres de Mayotte. C'est le chaos. Imaginez une ville de la taille de Bordeaux totalement bloquée, le nord, le sud, le centre. Plus personne n'a accès au chef-lieu Mamoudzou, c'est barré par des troncs d'arbres, des poubelles, des pneus. Plus personne ne passe, sauf les véhicules de sécurité ou de secours. Il n'y a plus d'économie, plus rien ne se passe. C'est la grève générale. La population fait la grève car ils veulent plus de sécurité. Quand on est dans une zone pauvre on y trouve la délinquance. A Mayotte aujourd'hui pour un grand nombre de personnes, il faut survivre. Les Mahorais se sentent en insécurité tous les jours".

Ce département français subit une forte pression migratoire venue des Comores, à seulement 70 km de ses côtes. Une grande partie de la population voit dans cette immigration la principale cause de la délinquance et des problèmes sociaux.

"L'Etat français n'a pas été à la hauteur"

"L'Etat français n'a pas été à la hauteur. Il a plus qu'urgence. Tout le monde est d'accord: c'est catastrophique au niveau de la sécurité, des écoles… Ok, qu'est-ce qu'on fait maintenant? Il faut sortir le chéquier pour mettre Mayotte à jour", a conclu Patrick Millan sur RMC.

La ministre des Outre-mer Annick Girardin envisage de se rendre sur place après la législative partielle les 18 et 25 mars. Pour elle, la transformation de l'île en département a été accompagnée "de manière insatisfaisante" par les précédents gouvernements.

Mayotte, c'est "84% des personnes vivant sous le seuil de pauvreté, (...) c'est quatre fois plus de population en trente ans, (...) c'est 45% de population étrangère en situation irrégulière, (...) c'est la première maternité de France, et oui pour être au rendez-vous, il nous faudrait créer une classe par jour", a-t-elle lancé mardi. Outre des renforts de forces de l'ordre, la ministre a promis une prochaine "conférence sur l'avenir de Mayotte".

P.B.