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Emmanuel Macron "demande pardon" aux Harkis au nom de la France

André Azni, président de l’association "Les harkis et leurs amis", répondait aux questions d'Apolline de Malherbe sur RMC.

Emmanuel Macron présidait lundi matin une réception consacrée aux Harkis, pour "franchir un nouveau pas" vers la reconnaissance de la responsabilité de l'État dans les souffrances de ces anciens combattants aux côtés de l'armée française durant la Guerre d'Algérie. Le chef de l'Etat a ainsi "demandé pardon" aux Harkis au nom de la France, estimant que le pays avait "manqué à ses devoirs" à leur égard.

"Aux combattants, je veux dire notre reconnaissance; nous n'oublierons pas. Je demande pardon, nous n'oublierons pas", a déclaré le président de la République, qui présidait une réception consacrée à la mémoire des harkis ayant combattu aux côtés de l'armée française durant la Guerre d'Algérie. La France "a manqué à ses devoirs envers les harkis, leurs femmes, leurs enfants", a aussi jugé le chef de l'Etat. 

Etaient invitées à l'Elysée quelque 300 personnes: des Harkis, qui sont désormais très âgés, soixante ans après la fin du conflit, mais aussi leurs descendants, des responsables d'associations et des personnalités. 

Parmi eux, André Azni, président de l’association "Les harkis et leurs amis". Il était l'invité d'Apolline de Malherbe quelques heures avant d'aller à l'Elysée. 

Et il a fait part de son découragement: "Je vais lire une lettre ouverte à la sortie de l'Élysée. Emmanuel Macron a pris des engagements, j'espère que ce qu'il va annoncer sera à la hauteur de nos attentes. Les annonces électorales, on en a marre, cela fait 60 ans que cela dure!" 

Le gouvernement "portera avant la fin de l'année un projet visant à inscrire dans le marbre de nos lois la reconnaissance et la réparation à l'égard des harkis", a annoncé lundi Emmanuel Macron lors d'une cérémonie d'hommage à l'Elysée.

"Vous portez dans votre chair le souvenir des harkis. L'honneur des harkis doit être gravé dans la mémoire nationale", a expliqué le chef de l'Etat en appelant à "panser les plaies" qui doivent être "fermées par des paroles de vérité, gestes de mémoire et actes de justice".

A quelques jours du 25 septembre, journée d'hommage nationale aux Harkis, ces anciens combattants - jusqu'à 200.000 hommes - recrutés comme auxiliaires de l'armée française pendant le conflit qui opposa de 1954 à 1962 des nationalistes algériens à la France. A l'issue de cette guerre, une partie d'entre eux, abandonnés par Paris, ont été victimes de représailles en Algérie.

A partir de 1962, 60.000 harkis sont tués en Algérie, et près de 90.000 sont rapatriés en France, avec femmes et enfants, avant d'être parqués dans des camps ou des cités d'accueil indignes et insalubres. Un véritable traumatisme sur plusieurs générations et qui perdure aujourd'hui. Les harkis et les descendants représenteraient 800.000 personnes aujourd'hui en France.

XA