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Les ministres savent que leur espace d'expression restera encadré

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Des personnalités de gauche, de droite, du centre, d'autres issus de la société civile… Le gouvernement d'Edouard Philippe rassemble 18 ministres et quatre secrétaires d'Etat d'horizons très divers. Mais comment vont-ils faire pour s'entendre? Ils n'auront pas vraiment le choix, estime le politologue Stéphane Rozès.

Stéphane Rozès est politologue et président de Cap (Conseils analyses et perspectives).

"Les institutions de la 5e République sont suffisamment affermies pour que le président ait la légitimité suffisante pour orienter la politique d'un gouvernement composé de façon inédite à parité entre la société civile et des personnalités politiques, des hommes, des femmes, de gauche et de droite. Au fond, on le voit bien, ce gouvernement ne tient sa légitimité que d'Emmanuel Macron.

Le caractère inédit de cette recomposition donne une autorité suffisante à Emmanuel Macron. Même des personnalités fortes comme Nicolas Hulot, François Bayrou ou Jean-Yves Le Drian ont de toute façon intégré ce qu'était un ministre. Il y a eu suffisamment de cas par le passé, notamment sous François Hollande, de ministres qui ont dû quitter le gouvernement. Ils voulaient sortir des clous et porter des débats à l'extérieur du gouvernement ou du conseil des ministres. Mais cela montre que même des personnalités fortes doivent savoir que leur espace d'expression reste encadré.

"La dynamique, c'est Emmanuel Macron qui va la donner"

La logique des institutions l'emportera toujours sur les personnalités de Nicolas Hulot ou de François Bayrou sinon il devrait lui-même en tirer les conclusions. Ils savent que leur espace d'expression est encadré. Emmanuel Macron a suffisamment indiqué qui assumerait la verticalité de la fonction présidentielle.

La dynamique, c'est Emmanuel Macron qui va la donner. Et le Premier ministre Edouard Philippe et les ministres lui sont redevables. Ils n'existent pas par eux-mêmes".

Propos recueillis par Paulina Benavente