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Matignon dans la ligne de mire de Gérald Darmanin?

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin est particulièrement actif, sur tous les fronts, et certains le considèrent comme une sorte de vice-Premier ministre au sein de la majorité.

Gérald Darmanin, omniprésent ces derniers temps, joue un peu au vice-Premier ministre en cette fin d’année. Le ministre de l'Intérieur se met déjà dans la peau d'un chef d'Etat et de gouvernement. Après l'Algérie ce week-end sur invitation du président algérien, il est ce mardi au Sénégal, où il rencontre le Premier ministre du pays. Gérald Darmanin aurait bien rencontré le président sénégalais, mais il est en ce moment au Japon, explique son équipe.

Le ministre de l’Intérieur enchaîne les déplacements. Il se rendra dans dix jours à Mayotte pour passer le Nouvel An avec les troupes de gendarmerie sur place. Un peu comme le président de la République, qui passe Noël avec les forces armées. Gérald Darmanin va en profiter pour faire l'inspection des troupes, quelques mois après sa dernière visite sur l'île.

Un cadre de Renaissance le considère même comme un vice-Premier ministre qui se verrait bien prendre la place d'Elisabeth Borne d'ici la fin du mandat. "Il fonctionne étape par étape, cela ne le dérangera pas d'aller à Matignon, ce n'est pas un secret" sourit un proche d'Emmanuel Macron. Une sorte de tremplin, avant une potentielle candidature en 2027? Gérald Darmanin le pense, selon ce même marcheur.

"Il donne son numéro à la terre entière"

Avant cela, le ministre de l'Intérieur a quelques défis devant lui. Le premier arrive dès le début de l'année avec la loi immigration. L'enjeu pour Gérald Darmanin: obtenir une large majorité grâce au vote des députés LR. Ce qui pourrait s’avérer bien utile pour celui qui rêve déjà de Matignon. Pour cela, il multiplie les contacts avec les députés, notamment ceux de la commission des lois en charge du dossier.

"Il râtisse le terrain, comme lorsqu'il était maire de Tourcoing", analyse un parlementaire.

Un proche du ministre s'étonne: "Il donne son numéro à la terre entière, mais ça marche". Mais Gérald Darmanin reste encore clivant, même au sein de la majorité. Ses dernières annonces sur le texte immigration ne font pas que des heureux. "Dans ses interventions médias, le naturel revient au galop. Il ne peut pas s’en empêcher. Il gâche les choses par des punchlines" s'agace un conseiller de la majorité.

Grosse pression avec les JO

L'autre écueil pour Gérald Darmanin, c'est celui de 2024. Il se résume en deux lettres: JO. Et notamment la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, au bord de la Seine, en plein Paris, où 600.000 personnes sont attendues pour assister au spectacle.

Les JO 2024 seront "incontestablement un point de passage difficile", admet un proche de Gérald Darmanin. Surtout après la débâcle au stade de France à la fin du mois de mai dernier, lors de la finale de la Ligue des champions.

Le 26 juillet 2024 s'annonce donc déterminant pour les ambitions futures du ministre de l'Intérieur. Gérald Darmanin l’anticipe déjà, pas de Matignon en cas d’échec sécuritaire.

Romain Cluzel (édité par J.A.)