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"On est sur des basses manoeuvres politiciennes": tollé au sein de la majorité autour de la loi sur les langues régionales

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Une soixantaine de députés de La République En Marche ont déposé un recours contre un texte déjà voté... et validé par certains députés marcheurs.

Vers un nouveau psychodrame dans la majorité? Une soixantaine de députés de La République En Marche ont déposé un recours devant le Conseil Constitutionnel, contre une loi sur les langues régionales, adoptée le 8 avril avec des voix de députés marcheurs, contre l'avis du gouvernement.

Problème: le cabinet de Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale, fermement opposé au texte, aurait téléguidé le recours devant les Sages.

L'auteur de la saisine est, en fait, une très proche collaboratrice, Constance Jacquin, cheffe du pôle Parlementaire au ministère de l'Education nationale, de Jean-Michel Blanquer, c'est ce que révélait lundi matin nos confrères de "La Lettre A".

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"Des jacobins aigris, pensent que les langues régionales pourraient retourner la république"

Lundi une cinquantaine d'élus, membres d’associations de défense de la langue bretonne, et parents d’élèves se sont rassemblés devant le Parlement de Bretagne à Rennes pour demander le maintien de cette loi.

Défendue par Paul Molac, député Breton du groupe "Libertés et Territoires", ce texte prévoit l'instauration de l'enseignement immersif en langue régionale (une grande partie du temps scolaire en langue régionale) et la création d'un forfait scolaire (aide financière pour pérenniser les emplois) pour les écoles privées dispensant une scolarisation en langues régionales.

Tollé dans la majorité

Il ne fallait pas plus pour créer un nouveau tollé dans la majorité. C'est un peu l'histoire d'un match perdu à la régulière, que les battus voudraient voir rejouer sur tapis vert. Cette loi a bien été votée le 8 avril et le député Breton de la République En Marche, Gael Le Bohec fulmine.

"On est sur des basses manoeuvres politiciennes. Ca a été validé au Sénat, validé en commission, validé dans l'hémicycle... Quelqu'uns ont peur, des jacobins aigris, pensent que les langues régionales pourraient retourner la république. Cette loi sera promulguée, et ce sera ce que n'ont jamais fait les autres majorités de droite ou de gauche. Ces avancées sont extraordinaires. Malheureusement, il y en a quelques uns qui veulent mettre des buts contre notre camp."

"Blanquer voit dans les langues régionales un ferment de séparatisme", tacle un proche du président de la République. L'entourage de Jean-Michel Blanquer lui assume avoir donné des éléments de fond, et un modèle de saisine du Conseil Constitutionnel à une soixantaine de députés, mais assure ne pas être à l'origine du recours.

Paul Barcelonne (avec J.A.)