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Paris: Anne Hidalgo veut transformer le périphérique en "ceinture verte"

D'une "ceinture grise" à une "ceinture verte": Anne Hidalgo a présenté ce mercredi son projet de transformation du périphérique parisien qui fait une part belle à la végétalisation de la ceinture routière de Paris. Un projet qui enflamme les oppositions.

Des arbres à la place d'une voie de circulation. La maire PS de Paris Anne Hidalgo a présenté mercredi son projet de transformation du périphérique, la "ceinture grise" empruntée chaque jour par un million d'automobilistes. Elle en a confirmé la mesure phare lors d'une conférence de presse: la "voie olympique" réservée aux participants lors des Jeux Olympiques de Paris 2024 (athlètes, officiels, forces de l'ordre, secours) sera ensuite pérennisée et réservée aux bus, taxis et covoiturage.

Selon son adjoint EELV aux mobilités David Belliard, l'encouragement au covoiturage pourrait permettre de retirer 80.000 véhicules de l'axe circulaire de 35 km. A l'horizon 2030, le périphérique ne comptera plus deux fois quatre voies comme le plus souvent, mais deux fois trois, a-t-il précisé.

La Ville de Paris a dévoilé ce mercredi matin son plan de transformation du boulevard périphérique
La Ville de Paris a dévoilé ce mercredi matin son plan de transformation du boulevard périphérique © Ville de Paris

Les portes de Paris rénovées

La place gagnée - 10 hectares - le sera au profit des arbres, avec 20.000 plantations de plus que les 50.000 déjà promises d'ici 2024. L'avènement de la "nouvelle ceinture verte" passera aussi par la rénovation des portes de Paris, appelées à devenir des "places": cinq doivent être livrées, six engagées d'ici les Jeux, et sept "entièrement réhabilitées" d'ici 2030.

Anne Hidalgo veut ainsi offrir aux 500.000 habitants vivant de part et d'autre de cet axe rapide un "cadre de vie plus harmonieux, plus agréable". Sur ce point, sa majorité est toutefois divisée: la "livraison de nouveaux quartiers aux abords" du périphérique dérange ses alliés écologistes, qui réclament un "moratoire sur les constructions" jusqu'à la transformation effective en boulevard urbain afin de ne pas exposer "les habitants et les travailleurs" à la pollution, a souligné l'élu EELV Emile Meunier.

Autre point de désaccord avec les écologistes: l'abaissement de la vitesse de 70 à 50 km/h que ces derniers réclament. "Ce n'est pas le sujet aujourd'hui, ça viendra peut-être plus tard", a répondu la maire de Paris.

L'État prévient la mairie

Bien que le périphérique soit une infrastructure municipale, la mairie de Paris ne peut se passer de l'accord de l'État sur la circulation. Selon la préfecture de police, le périphérique fait ainsi partie des voies pour lesquelles la maire de Paris doit lui communiquer "les projets de modification avant leur mise en œuvre".

"Seul le principe d'une voie réservée" pour les JO "a été validé", souligne la préfecture. "Mme Hidalgo en parlera avec le futur gouvernement", répond son premier adjoint Emmanuel Grégoire.

Anne Hidalgo, dont le premier mandat municipal avait été marqué par un long combat politico-judiciaire pour transformer en promenade piétonne les voies sur berges de la rive droite, entend mener "toutes les concertations légales" et promet "d'écouter" les automobilistes lors d'un "carrefour des mobilités" organisé en septembre.

L'opposition en ordre de marche

"Pas la moindre étude d'impact n'a été versée au débat pour analyser les conséquences d'une telle décision pour les Parisiens et les Franciliens", a fustigé dans un communiqué son opposition LR.

Radicalement opposée au projet, la présidente de droite de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, avait fin 2021 organisé une consultation en ligne dans laquelle 90% des votants s'étaient opposés à la "suppression" d'une voie sur le périphérique. Selon la région, 40% des trajets sont de banlieue à banlieue et 80% des usagers non-parisiens.

https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez avec AFP Journaliste RMC