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Parrainages: "on nous prend un peu pour des larbins", regrette le maire d'une petite commune

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La chasse aux parrainages commence officiellement samedi. Depuis plusieurs mois déjà, les maires sont sollicités pour accorder leur précieuse signature à un candidat à la présidentielle. Mais pour certains maires, les candidats à la présidentielle se souviennent des petites communes rurales uniquement en période électorale.

Raoul Raspeau est maire de Saint-Martory, commune de 900 habitants de Haute-Garonne:

"Moi je reçois des parrainages depuis le mois d'octobre, j'en ai reçu 28. Ça s'est accéléré depuis trois semaines. Je n'ai pas encore donné ma signature, je n'en ai pas du tout envie. Je trouve qu'il n'y a pas beaucoup de candidats de rassemblement que ce soit à droite ou à gauche.

Les maires sont là pour représenter les habitants. Les partis passent après. Je serai citoyen le jour de l'élection mais d'ici là je vais rester dans mon rôle de maire.

Ils nous contactent seulement pour les élections. Tout le monde veut venir nous voir, tout le monde est libre. Mais ensuite tout au long du mandat, on ne voit plus grand monde.

"Quand il y a des réformes à faire, on n'est pas contacté"

On voit bien ce qui se passe actuellement avec le monde rural, on nous dit qu'il y a trop de communes en France, on veut faire fusionner les communes entre elles pour faire de grandes communes. Il y a eu la fusion des cantons, avec des périmètres qui ont été tracés à Paris et qui sont absolument abominables, qui ne correspondent pas du tout à la réalité. Et là-dessus on n'a jamais été contacté, on s'est permis de nous imposer un périmètre qui ne correspond à rien au terrain.

Pour avoir des signatures, on est contacté! Mais à un moment donné, on en a marre, je crois qu'on nous prend un peu pour des larbins. On vient nous chercher pendant les élections quand on a besoin de nous mais ensuite quand il y a des réformes à faire, il n'y a plus personne. On mériterait, à travers nos associations d'élus, d'être un peu mieux écoutés et un peu plus entendus".

Propos recueillis par Paulina Benavente