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Pourquoi le gouvernement veut-il privatiser les aéroports de Paris?

Le gouvernement souhaite déléguer au privé une partie de la gestion des aéroports comme les hôtels, les parkings ou encore les boutiques de luxe. Une privatisation que rejette l'opposition.

Le groupe Aéroports de Paris passera-t-il sous pavillon privé ? L’État envisage de faire privatiser ADP grâce à la loi Pacte, examinée en deuxième lecture mercredi à l’Assemblée. Un choix qui pose question alors que la société se porte très bien financièrement. 

En privatisant le groupe Aéroports de Paris, le gouvernement souhaite, dit-il, investir dans l'avenir. L’entreprise a fait 4 milliards et demi d'euros de chiffre d'affaires en 2018 et la cession d'une partie de ses activités au secteur privé doit permettre à l'Etat d'alimenter un fonds pour financer l'innovation. 

Concrètement, l'Etat va déléguer au privé l'exploitation des parkings, des hôtels, des boutiques de luxe. Il conservera cependant la gestion du contrôle des frontières, des passagers, de la sécurité, ainsi que toutes les décisions stratégiques resteront dans le giron de l'Etat. 

Une privatisation limitée dans le temps

Autre garantie, pour éviter le fiasco de la privatisation des autoroutes, à l'origine d'une flambée des prix des péages, l'Etat promet de garder le contrôle sur les tarifs aéroportuaires, qui influent sur les prix des billets. La concession au secteur privé est aussi limitée dans le temps, à 70 ans. 

Autant de conditions qui ne semble pas satisfaire du côté de l’opposition. Les opposants de droite comme de gauche ont déploré "un choix stupide", "une vision court-termiste", et "un projet dogmatique et déraisonnable économiquement". La majorité a balayé les critiques les qualifiant d’"idées fausses", de "fantasmes, et d’"amalgames faciles".

Juliette Droz avec Guillaume Descours