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Primaire à gauche: Benoît Hamon annonce sa candidature et grille la politesse à Arnaud Montebourg

Benoît Hamon et Arnaud Montebourg à la fête de la Rose de Frangy-en-Bresse en 2014.

Benoît Hamon et Arnaud Montebourg à la fête de la Rose de Frangy-en-Bresse en 2014. - Jeff Pachoud - AFP

Benoît Hamon a annoncé mardi sa candidature à la primaire de la gauche, cinq jours avant celle probable d'Arnaud Montebourg lors de la Fête de la Rose de Frangy-en-Bresse. Deux candidatures sur une ligne politique très proche qui pourraient se "neutraliser" et favoriser François Hollande s'ils décident tous les deux d'aller jusqu'au bout.

Benoît Hamon est candidat à la primaire de la gauche. L'ancien ministre de l'Education l'a annoncé mardi sur France 2. Une annonce faite un 16 août, une manière pour lui d'occuper le terrain et de griller la politesse à Arnaud Montebourg, l'autre ancien ministre frondeur de François Hollande. Ce dernier devrait annoncer sa candidature dimanche, lors de la fête de la Rose de Frangy-en-Bresse

Benoît Hamon, Arnaud Montebourg vont donc se battre dans le même couloir et avec le même objectif: rassembler la gauche en vue de 2017. Niveau popularité néanmoins, Arnaud Montebourg a une longueur d'avance ce qui fait dire à ses soutiens que la candidature de Benoît Hamon n'est qu'une gesticulation politique. Ainsi pour Philippe Baumel, député PS de Saône-et-Loire et proche d'Arnaud Montebourg, la candidature de Benoît Hamon n'est claire ni sur la forme, ni sur le fond.

"Il nous met à l'ordre du jour des propositions qui étaient celles de Martine Aubry il y a cinq ans. Et sur le pourquoi de sa candidature, sincèrement on est resté dans le brouillard. En politique, la précipitation est mauvaise conseillère", estime-t-il sur RMC. 

"Vérifier" ses capacités à remplacer François Hollande

Le porte-parole d'Arnaud Montebourg François Kalfon, réaffirme quant à lui "l'amitié" portée par le camp Montebourg à Benoît Hamon qu'il estime "légitime" pour se présenter. Toutefois, il s'interroge sur l'opportunité de sa candidature.

"Arnaud Montebourg se présente pour constituer une alternative à François Hollande, dont on voit bien qu'il est le candidat officiel mais qui n'arrive pas à être le candidat naturel. Nous ne voulons pas de ce chemin qui consiste pour la gauche à être éliminé le soir du premier tour. A chacun de vérifier s'il est en capacité d'être celui ou celle qui remplacera François Hollande", juge-t-il.

Une ligne politique "difficile à différencier"

Les deux anciens ministres se seraient rencontrés récemment pour commencer à envisager un rapprochement. Car ces deux candidatures sur une ligne politique très proche pourrait être contreproductive, estime Yves-Marie Cann, directeur des études politiques de l'institut Elabe. 

"Avec la candidature de Benoît Hamon et celle d'Arnaud Montebourg, il y a un risque évident de neutralisation de ces candidatures, puisque le message porté sera sans doute assez proche, la ligne politique sera aussi très difficile à différencier, ce qui pourrait favoriser par ricochet la candidature de François Hollande dans l'hypothèse où le président annoncerait sa candidature dans le cadre de cette primaire", analyse-t-il. 

Dans tous les cas, l'aile gauche du PS également représentée par la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, elle aussi candidate, n'enverra qu'un seul candidat à la primaire. Un rassemblement est prévu à La Rochelle mi-septembre pour choisir le meilleur candidat. Reste à savoir lequel sera prêt à renoncer.

C. B avec Elisa Bertholomey