RMC

Propos anti-islam et anti-immigration: Eric Zemmour relaxé en appel

Le polémiste était poursuivi pour "injure et provocation à la haine".

La cour d'appel de Paris a relaxé mercredi le polémiste Eric Zemmour, qui était poursuivi pour "injure et provocation à la haine" après une violente diatribe contre l'islam et l'immigration prononcée en 2019 lors d'un rassemblement politique à Paris.

En première instance, le chroniqueur de 63 ans, à qui certains prêtent l'intention de se présenter à l'élection présidentielle de 2022, avait été condamné pour ces propos à une peine de 10.000 euros d'amende.

"Islamisation de la rue"

Lors d'une "convention de la droite" organisée par des proches de l'ex-députée du Front national (devenu RN) Marion Maréchal le 28 septembre 2019, Eric Zemmour avait prononcé un discours fustigeant des immigrés "colonisateurs" et une "islamisation de la rue". Le journaliste y avait également décrit le voile et la djellaba comme "les uniformes d'une armée d'occupation".

Dans les motivations de son arrêt, la cour d'appel a jugé que "aucun des propos poursuivis ne visent l'ensemble des Africains, des immigrés ou des musulmans mais uniquement des fractions de ces groupes".

"Il n'est nullement justifié de propos visant un groupe de personnes dans son ensemble en raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée", ajoute la cour, "d'où il suit que les infractions poursuivies ne sont pas constituées".

Cette décision a estomaqué les associations antiracistes qui s'étaient constituées parties civiles.

Controverse

En première instance, le tribunal correctionnel de Paris avait estimé que ces propos constituaient "une exhortation, tantôt implicite tantôt explicite, à la discrimination et à la haine à l'égard de la communauté musulmane et à sa religion".

"Les opinions, même choquantes, doivent pouvoir s'exprimer, néanmoins les faits reprochés vont plus loin et outrepassent les limites de la liberté d'expression puisqu'il s'agit de propos injurieux envers une communauté et sa religion", avait alors indiqué la présidente de la 17e chambre correctionnelle.

Les propos d'Eric Zemmour avaient à l'époque été largement dénoncés dans la classe politique et provoqué un âpre débat dans les médias pour lesquels il travaillait. Eric Zemmour était également convoqué mercredi devant le tribunal pour avoir mis en cause les migrants mineurs, qu'il avait qualifiés de "voleurs" et d'"assassins" sur CNews en septembre 2020. Ce procès pourrait être renvoyé. 

Un jugement qui intervient en pleine rumeur présidentielle: plusieurs responsables de droite se sont agacés lundi d'être ramenés à la question d'une candidature du polémiste Eric Zemmour pour la présidentielle de 2022, estimant que la question "ne se pose pas". Pourtant, Eric Zemmour était crédité dans un sondage ce weekend de 8 à 8,5% des voix, qu'il engrangerait au détriment de LR, de Marine Le Pen et dans une moindre mesure d'Emmanuel Macron.

La rédaction de RMC avec AFP