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Saisie par la majorité, l'Assemblée nationale bannit Twitch de l'hémicycle

Le bureau de l'Assemblée nationale a décidé de bannir "l'emploi de tout outil de communication avec l'extérieur depuis l'hémicycle", visant plus particulièrement la réalisation de directs par des députés via la plateforme Twitch.

Twitch à l'Assemblée nationale, c'est fini. La plateforme, qui permet à chacun de diffuser en direct des vidéos sur internet et d'interagir avec les spectateurs, n'a plus le droit de cité dans l'hémicycle, a tranché mercredi le bureau de l'Assemblée, la plus haute autorité collégiale de l'institution.

Les dispositions du règlement intérieur du Palais Bourbon, "qui interdisent aux députés de téléphoner à l'intérieur de l'hémicycle, s'appliquent aussi à l'emploi de tout outil de communication avec l'extérieur depuis l'hémicycle", plus particulièrement les "plateformes retransmettant le flux vidéo ou audio des débats".

C'est la majorité qui avait évoqué le sujet, visant directement le député de La France insoumise Ugo Bernalicis qui avait relayé des séances publiques via la plateforme, en les commentant en direct et échangeant avec les millions d'abonnés de son compte. Rappelé à l'ordre, il avait contesté toute infraction au règlement qui interdisait alors seulement les coups de téléphone.

"Un exercice d'éducation civique"

"C'est une bonne chose, il faut diffuser la politique et les idées, mais ça devient un 'star system' que je n'aime pas trop", estime ce jeudi sur RMC et RMC Story Joëlle Dago-Serry.

De son côté, Olivier Truchot salue l'utilisation d'un nouveau moyen de communication qui pourrait amener des jeunes à s'intéresser aux travaux parlementaires, mais craint des troubles sur la concentration des députés.

C'est justement ce que défend Ugo Bernalicis, évoquant un "exercice d'éducation civique" via sa chaîne "Le DépuTwitch" qui "permet à des gens de s'intéresser à ce qui passe à l'Assemblée nationale, d'avoir des explications en direct et de se sentir partie prenante des débats".

Pour Kevin Bossuet, cela permet d'animer des débats parfois ennuyeu.: "Qu'est-ce qu'on s'ennuie lors des débats parlementaires", juge le prof d'histoire. "Qu'on leur fiche la paix aux députés. Du moment qu'ils font un vrai travail, cela ne me gêne pas. Ils font ce qu'ils veulent", défend l'enseignant.

G.D.