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"Une injustice": l'éviction sans préavis de la préfète d'Indre-et-Loire Marie Lajus fait polémique

La préfecture d'Indre-et-Loire à Tours

La préfecture d'Indre-et-Loire à Tours - Ministère de l'Intérieur

Sans préavis, la préfète d'Indre-et-Loire Marie Lajus a été démise de ses fonctions en décembre. Une décision prise brutalement après l'opposition de la préfecture à un projet local d'installation d'un incubateur de start-up sur le terrain d'un bâtiment historique.

Après deux ans et demi en poste, Marie Lajus, la préfète d'Indre-et-Loire a été limogée sans préavis. Cette éviction qui n'a pour l'instant pas de justification apparente a été dans la foulée dénoncée dans une tribune publiée dans les colonnes du Monde par plusieurs personnalités politiques locales, des fonctionnaires, et des acteurs de la vie civile qui ont apporté leur soutien à l'ex-préfète.

Car ce départ aurait été décidé au plus haut niveau, dans les couloirs du ministère de l'Intérieur lui-même et cela sous la pression d'autres élus locaux, croit savoir Le Canard Enchaîné.

Tout commence avec un projet d'installation d'un incubateur de start-up de 4.000m² sur le terrain du château Louise de la Vallière à Reungy à l'Est de Tours. Mais le château est classé comme monument historique et le terrain, boisé, est inconstructible, "conformément à la loi Climat et résilience de 2021", assurent les signataires de la tribune. Une situation qui pousse alors la préfecture à faire part de ses réserves sur le projet.

"La préfète Marie Lajus aurait ainsi avisé les élus concernés que, s’ils parvenaient à rendre ce terrain constructible, la légalité de cette décision serait attaquée par les services de l’Etat", assurent les signataires de la tribune.

"Vive la presse, vive la presse libre"

Dans la foulée, des élus locaux auraient averti le ministère de l'Intérieur faisant part des réserves de la préfète, assure Le Canard Enchaîné: "Des élus ont envoyés des SMS sans arrêt à Gérald Darmanin", raconte dans les colonnes de l'hebdomadaire un maire écologiste.

Un lobbying qui aurait convaincu du côté de la place Beauvau car Marie Lajus a bien fini par être démise de ses fonctions. Sans s'exprimer sur les raisons de son départ précipité, la préfète a salué, à l'occasion de son pot de départ, le travail du Canard Enchaîné: "Vive la presse, vive la presse libre", a-t-elle lancé devant les participants en recevant comme cadeau l'article du palmipède encadré.

Signataire de la tribune publiée dans Le Monde, Nicole Bonnefoy, la sénatrice socialiste de Charente où officiait auparavant Marie Lajus, a écrit une lettre à Emmanuel Macron, Elisabeth Borne et Gérald Darmanin pour dénoncer "le limogeage de la préfète qui n'a eu comme seul tort de faire respecter la loi".

Guillaume Dussourt