RMC

Réalistes, immersifs... Quand les jeux vidéos se rapprochent toujours plus des films

Le salon E3 a ouvert ses portes ce week-end. L’occasion de découvrir les jeux vidéos de demain, toujours plus réalistes, qui donnent presque l’impression d’être dans un film.

Est-ce que c’est un jeu, est-ce que c’est un film ? La frontière devient de plus en plus fine. Et à chaque fois au salon E3, c’est l’occasion d’en prendre plein les yeux. Avec une avalanche de jeux toujours plus réalistes, plus immersifs. Ce n’est pas forcément ça qui fait un bon jeu, mais c’est de plus en plus spectaculaire.

Ce n’est pas un hasard d’ailleurs si les ponts avec le cinéma sont de plus en plus nombreux. Ubisoft a fait forte impression avec les premières images d’un jeu basé dans l’univers du film "Avatar", dont le prochain volet cinématographique sort l’an prochain. Les premières images sont presque aussi belles que le film lui-même. Les paysages, les créatures sont d’un rendu tellement lisse et fin qu’on ne sait plus vraiment si on est en train de jouer à un jeu ou en train de regarder un long-métrage. Même chose avec "Assassin’s Creed", dont le prochain épisode racontera le siège de Paris par les Vikings, ou encore "Starfield", un jeu de rôle de science-fiction qui se passe dans l’espace.

Des acteurs dans les jeux vidéos

Après, ce sont des images de bande annonce, mais la distinction entre une image réelle et sa modélisation numérique va devenir de plus en plus fine. Aidée par des machines de plus en plus puissantes, avec la nouvelle génération de consoles arrivée l’hiver dernier, et par des outils qui rendent les jeux photoréalistes, c’est-à-dire de nous donner l’impression qu’on est en train de jouer dans des images réelles. Intel a dévoilé il y a quelques semaines un logiciel spectaculaire, qui prend des images d’un jeu, "GTA V", et qui les transforme instantanément en images qu’on dirait tournées par une caméra. Les pixels disparaissent, les couleurs sont moins saturées, on pourrait croire que ce sont des images tournées dans la rue. Ça pourrait donner naissance à une nouvelle génération de jeux, qui seraient des films dont vous êtes le héros.

D’ailleurs de plus en plus, les acteurs célèbres s’invitent dans les jeux vidéo. Dans de plus en plus de gros jeux, les personnages principaux sont incarnés par des acteurs, qui sont modélisés en 3D à l’intérieur du jeu, en motion capture. Toutes les stars y passent. Parmi les Français on peut citer Léa Seydoux par exemple, l’un des personnages du jeu "Death Stranding", sorti en 2019. Kevin Spacey, qui a déjà joué le grand méchant de "Call of Duty" ou encore Keanu Reeves, le héros de "Matrix" et "John Wick", qui joue un rôle dans "Cyberpunk 2077", l’une des grosses sorties de l’an dernier. Jon Bernthal, connu des amateurs de série comme The Walking Dead, dans "Ghost Recon Breakpoint". Il y aura également le nouveau "Far Cry", qui sortira en fin d'année où un des personnages est Giancarlo Esposito, alias Gustavo Fring dans la série "Breaking Bad".

Une industrie lucrative

Les stars hollywoodiennes deviennent des stars de jeux vidéo parce que le niveau de détail et de réalisme d’un visage est tellement grand, avec une paupière qui tressaille pendant une microseconde ou un sourcil qui se fronce, qu’il faut ce jeu d’acteur qui est purement humain, pour créer de l’émotion.

Et pourtant, le jeu vidéo continue d’être toujours moins considéré que le cinéma. Il faut rappeler que c’est la première industrie culturelle au monde. Ça génère plus d’argent que le cinéma, la musique et les livres. Le produit culturel le plus vendu en France chaque année, c’est le jeu vidéo "FIFA", il s’en vend plus d’un million. Et la recette de certains jeux dépasse le milliard d’euros, plus que n’importe quel film.

D’un point de vue artistique, des jeux comme "The Last of Us" par exemple, qui raconte la survie de deux personnages après une pandémie qui a frappé les Etats-Unis, ou encore "Shadow of the Colossus", sont largement considérés comme des chefs d’œuvre d’un point de vue artistique.

Et les scénaristes et les réalisateurs sont eux aussi des stars. Le japonais Hideo Kojima par exemple, créateur de la saga "Metal Gear", est un génie créatif au même titre que Scorsese ou Tarantino. Enfin, c’est l’une des rares industries qui ont connu une année 2020 record. Ça fait partie de ce qui nous a aidé à tenir. D’ailleurs, l’OMS, qui n’a pas toujours été très tendre, recommandait même le jeu vidéo pendant le confinement.

Anthony Morel avec Guillaume Descours