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RSI: "Toutes les semaines, on a des appels de gens qui veulent se suicider"

Les travailleurs indépendants sont appelés à se rassembler ce lundi au pied de la Tour Eiffel, à Paris. Une manifestation qui marque la fin d'une marche de Niort dans les Deux-Sèvres à Paris en passant par le Mont-Saint-Michel pour dénoncer les erreurs à répétition du RSI et réclamer une réforme en profondeur de ce système de protection sociale.

De Niort à Paris, ils ont marché plus de 400 kilomètres pour dénoncer les dysfonctionnements du Régime social des indépendants (RSI). Car les travailleurs indépendants se plaignent des erreurs répétées de calcul de leurs cotisations ou de leur retraite ainsi que des retards de payement ou de remboursement. Le traitement des dossiers est lent, ce qui retarde la mise à jour de l'évolution des situations professionnelles et quand une erreur est constatée, c'est le parcours du combattant pour arriver à avoir rapidement quelqu'un en ligne.

Une situation dénoncée depuis cinq par l'association "Sauvons nos entreprises" comme l'explique Pascal Geay, le président: "Ce sont des retraites qui ne sont pas payées, des cartes Vitale qui ne sont pas délivrées, des sommes de folie à payer…" Et d'assurer: "Toutes les semaines, on a des appels téléphoniques de gens qui veulent se suicider"

"C'est marche ou crève"

Les membres de l'associations dénoncent donc des méthodes brutales. Un exemple parmi d'autres: en 2008, l'entreprise du mari de Natasha est en difficulté. Le couple demande un délai de paiement. En réponse le RSI vident leurs comptes personnels. "J'ai vraiment connu ce que c'était de ne plus rien avoir, témoigne-t-elle. Je comptais les pièces jaunes dans la tirelire de mon fils pour pouvoir manger. (Le RSI) c'est marche ou crève. Le dialogue ne s'instaure pas. On vous attaque directement à coup de majorations et d'huissiers."

Les problèmes concernent aussi les remboursements de soins. Amédée était garagiste depuis 30 ans avant de gravement se brûler sur son lieu de travail: "Quand j'étais hospitalisé, j'ai découvert que le RSI ne me prenait pas en charge. Ma carte Vitale était erronée de deux chiffres, c'est comme s'ils ne me connaissaient pas. Ça m'a coûté près de 15.000 euros de ma poche. J'attends toujours les remboursements". C'est pourquoi "Sauvons nos entreprises" en appelle maintenant aux candidat à l'élection présidentielle.

M.R avec Martin Bodrero