RMC

Abandon d'animaux domestiques: "Il faut absolument accorder à l'animal une personnalité juridique", plaide Barbara Lefebvre

Un chaton - Illustration

Un chaton - Illustration - Image Flickr

Avec 7.700 pensionnaires, les sites de la SPA "sont proches de la saturation", alors que les abandons augmentent. Pour Barbara Lefebvre il faut changer le statut juridique des animaux pour condamner plus fermement les auteurs d'abandons.

La SPA a lancé jeudi un cri d'alerte face à l'accélération de l'abandon et la saturation de ses refuges qui ont déjà atteint leur capacité maximale d'accueil, surtout les chatteries, alors que les vacances ont à peine commencé. Avec 7.700 pensionnaires, "les sites sont proches de la saturation" et "les adoptions sont moins nombreuses en cette période de vacances estivales", explique la SPA dans un communiqué, redoutant "bientôt ne plus être en mesure de prendre en charge les abandons et d'accueillir de nouveaux animaux".

"Dans l'immédiat il faut une sanction financière pour les abandons mais bien sûr il faut prendre les gens sur le fait. Il y a des gens qui laissent leurs animaux aux portes de la SPA et qui n'ont même pas la dernière des dignités humaines de venir assumer son geste d'abandon alors que certains assument", déplorent Barbara Lefebvre sur le plateau des "Grandes Gueules".

Depuis le 1er mai, 8.932 animaux abandonnés ont été recueillis par la SPA dans ses 62 refuges et Maisons SPA, soit 6% de plus qu'en 2019 sur la même période. Cette tendance s'accélère en juin avec un accroissement de 14% par rapport à 2019. L'augmentation la plus forte concerne les chats et les NAC (nouveaux animaux de compagnie: rongeurs, reptiles..) dont le recueil a augmenté de 25% sur le mois de juin par rapport à 2019.

>> A LIRE AUSSI - Vers une garde alternée pour les animaux en cas de divorce?

"Un animal reste un bien meuble comme une voiture"

Selon Barbara Lefebvre, les animaux qui seraient actuellement abandonnés seraient "les animaux du confinement, les petits joujoux du Covid-19", assure-t-elle. "Quand vous prenez un chien, ça vous change une vie. Ma capacité à voyager a été bouleversé depuis que j'ai un chien", assure l'ex-enseignante.

Alors pour éviter les abandons, elle préconise de changer le statut juridique des animaux: "Il y a des transformations juridiques profondes à faire. Notre système législatif fait la différence entre la personne et la chose. Depuis 2015, on reconnaît qu'un animal est doté de sensibilité, mais pour autant, l'animal est toujours soumis au régime des biens.

"Un animal reste un bien meuble comme une voiture et il faut absolument accorder à l'animal une personnalité juridique en fonction de ses conditions de vie: l'animal sauvage, l'animal domestique et l'animal d'élevage", plaide Barbara Lefebvre.

Cela permettrait selon elle de mieux sanctionner les auteurs de maltraitance animale: "A partir du moment où vous protégez un animal par un droit qui lui est spécifique vous pourrez mieux sanctionner et réprimer le plus sévèrement possible ceux qui maltraitent les animaux".

Guillaume Dussourt avec AFP