RMC

Bientôt un score pour connaitre l'impact environnemental de ce qu'on mange: comment ça marche?

DUPIN QUOTIDIEN - Une nouvelle étiquette qui permettra bientôt de connaitre l'impact environnemental de ce qu'on mange.

Il y a déjà le Nutriscore qui existe. Ce sont ces lettres de couleurs, des notes A B C D E pour savoir si ce qu'on mange est bon ou pas pour notre santé. Bientôt, il y aura la même chose, mais pour la planète. Sauf qu'il y a plein de questions scientifiques qui se posent: Comment on fait pour savoir précisément ce qui est bon ou pas pour la planète. 

Comment on le calcule? Quels sont les indicateurs qui entrent en compte?

>> A LIRE AUSSI - Protection de l'environnement: vers un affichage type "Nutriscore" pour tous les produits

À l'origine, la loi disait qu'il fallait se baser sur ce qu'on appelle l'ACV, l'analyse de cycle de vie. Alors c'est quoi ? Ça veut dire qu'on mesure tout ce qu'on utilise pour produire un kilo de pommes de terre par exemple ou un litre de lait ou un kilo de viande. 

Évidemment, il y a ce qu'on sait mesurer: le nombre d'hectares qu'il a fallu exploiter, le nombre de litres de fioul, d'eau utilisée, tout ce qui est transport aussi. Et avec tous ces éléments, on va savoir ce que ça génère comme gaz à effets de serre, gaz carbonique, méthane…

Sauf que l'environnement c'est aussi les pesticides qui ont un impact sur la faune et la flore et donc la biodiversité et aussi sur la santé humaine. Or, c'est plus compliqué de mesurer très précisément cet impact donc les pesticides ne sont pas pris en compte dans la fameuse ACV, Analyse du Cycle de Vie.

Et ça, c'est au cœur du problème parce que tout le monde s'accorde à dire qu'on ne peut pas faire un logo environnemental sans tenir compte de la présence ou pas de pesticides.

Plus de vingt projets

Mais la question, c'est de savoir comment faire pour les prendre en compte. Le gouvernement a donc lancé un appel à projet. Il y a quelques jours 15 ONG et associations ont présenté une proposition de logo: le Planet Score qui fonctionnerait comme le Nutriscore avec des notes de A à E et des sous-indicateurs.

Chaque consommateur aurait accès en détail aux impacts des produits qu'il achète en matière de climat, de biodiversité et d'impact des pesticides. Et puis il y a aussi l'application Yuka qui a lancé son propre logo, l'EcoScore que certains distributeurs comme Carrefour utilisent déjà. Au total, il y a déjà une vingtaine de projets sur la table et c'est une véritable bataille des étiquettes qui va se jouer comme d'habitude entre les producteurs, distributeurs et associations de défense de l'environnement.

Le gouvernement devra trancher entre tous ces acteurs cet automne. Mais en attendant ça ressemble un peu à une usine à gaz et quand on est simple consommateur, il y a franchement de quoi s'y perdre.

Marie Dupin