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COP21: menacés de disparition, les petits États du Pacifique prient pour que les grands s'entendent

Les dégâts causés par un cyclone, sur un atoll des Iles Marshall, dans le Pacifique, en mars 2014 (photo d'illustration).

Les dégâts causés par un cyclone, sur un atoll des Iles Marshall, dans le Pacifique, en mars 2014 (photo d'illustration). - Giff Johnson - AFP

Les négociateurs de la COP21 doivent rendre leur copie ce samedi, en espérant qu'ils aient réussi à s'entendre sur le texte du futur accord. RMC a rencontré ceux qui sont parmi les plus menacés par le réchauffement climatique : les habitants des îles du Pacifique, aux premières loges du dérèglement de la planète.

Tic, tac, tic, tac, tic, tac… Le temps presse et l'on ne voit rien venir. Les négociateurs de la COP 21, la grande conférence des Nations-Unis sur les changements climatiques qui se tient depuis lundi au Bourget, n'ont plus que quelques heures, jusqu'à ce samedi 5 décembre, pour trouver des compromis sur le texte du futur accord qui doit permettre de limiter dans des proportions raisonnables le réchauffement de la planète. Ils ont jusqu'à midi pour remettre leur copie au Président de la COP, Laurent Fabius.

Et s'il y a des pays qui croisent les doigts pour que les grands s'entendent enfin sur un vrai accord contraignant, ce sont bien les petits États du Pacifique. Cet accord, c'est une question de survie pour les îles Marshall, les îles Cook, Tuvalu, Samoa ou encore les Kiribati : ces petits États insulaires représentent 5% de la population mondiale mais ils sont directement menacés par le réchauffement de la planète, dont ils peuvent constater au plus près les conséquences.

"Je n'avais jamais vu un tel cyclone"

RMC a rencontré Isso, qui habite sur l'un des atolls de l'archipel des Tuvalu, un minuscule caillou dans l'océan pacifique. "Tous les jours on voit la mer monter un peu plus, assure-t-il. Elle grignote nos terres agricoles". Au-delà de ça, il y a aussi les colères du ciel qui s'abattent sur eux, alors qu'ils n'en sont pas responsables. "Il y a 8 mois, mon île a été frappée par un cyclone, raconte Isso. Un monstre ! Je n'avais jamais vu ça avant".

Si la mer continue de monter, son île pourrait être tout simplement rayée de la carte. "On n'a pas seulement peur pour notre île, mais aussi pour nos populations. On vont aller tous ces gens dans les 25 prochaines années si les températures continuent à augmenter ?". Cette COP21, Isso y croit, mais il demande aux Chefs d’États de faire plus d'efforts. "Pour l'instant on n'a que de belles paroles. Mais que font-ils concrètement ? Il faut arrêter de parler et passer aux actes maintenant". 

"Vous feriez plus d'efforts si c'étaient vos enfants qui subissaient ces catastrophes?"

Cette réalité décrite par Isso, la jeune Briana, 17 ans, la vit elle aussi. Elle est originaire des îles Samoa, à plusieurs centaines de kilomètres de Tuvalu. Elle aussi a un message à adresser aux négociateurs des grands pays. "Si c'était vos enfants qui devaient subir ces catastrophes tous les jours, si les victimes étaient vos filles de 17 ans, est-ce que vous feriez plus d'efforts ?", demande-t-elle, connaissant déjà la réponse.

Tuvalu, Samoa, l'Archipel des Kiribati, les îles Cook, les îles Marshall… Dans l'océan pacifique, une quarantaine de petits États pourraient disparaître si rien ne bouge.

Philippe Gril avec Juliette Droz