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José Bové: "La COP 21 ? Encore un grand machin où les États pinaillent"

José Bové, ce vendredi chez Jean-Jacques Bourdin.

José Bové, ce vendredi chez Jean-Jacques Bourdin. - RMC

L'eurodéputé EELV a dénoncé ce vendredi sur RMC le manque de réelle avancée dans les négociations entre Etats à la COP21. Il craint qu'aucun accord contraignant ne soit trouvé pour limiter les effets du changement climatique, et appelle les États à s'attaquer à l'évasion fiscale, qui entrave selon lui la transition énergétique.

Alors que l'on se replonge dans la politique avec le premier tour des élections régionales ce dimanche, les négociations à la COP21 se poursuivent, au Bourget, entre les 150 chefs d’États et de gouvernement. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça n'avance (presque) pas, alors que les négociateurs doivent rendre leur copie ce samedi 5 décembre. D'ailleurs, Laurent Fabius, chef d'orchestre de cette COP21 l'a lui-même reconnu : "Il faut accélérer (…) les progrès sont trop lents". Les délégués de 195 pays ont publié jeudi matin un nouveau projet d'accord, ramené seulement de 54 à 50 pages. Insuffisant, puisque pour l’instant, les efforts de tous les pays ne permettront de contenir le réchauffement qu'entre 2,7 et 3,5°C d’ici la fin du siècle, selon de nouvelles estimations fournies jeudi par l’Agence France Presse.

"Tout le texte est entre parenthèses"

Invité ce vendredi de Jean-Jacques Bourdin, l'eurodéputé Europe Ecologie-Les Verts José Bové a déploré cette lenteur. "On est une fois de plus dans un grand machin où les États pinaillent, s'agace-t-il. Tout le texte (issu des négociations) est entre parenthèses, jusque pour la température limite. Dès la page 2, où on se fixe l'objectif, il y a la moitié de la page qui est entre parenthèses. Vous prenez le document et vous rayez tout ce qui est entre parenthèse, il ne reste rien".

José Bové rappelle que les États ont "une responsabilité majeure". "Ce n'est pas une bataille partisane pour le coup, normalement on a un intérêt commun : préserver la vie de l'homme sur la planète. Et sur ça, les chefs d'État et de gouvernement font comme pour le reste, comme à un sommet de l'OMC (Organisation mondial du commerce), on pinaille, chacun pour soi et on ne veut surtout pas parler d'intérêt général".

"20.000 milliards de dollars cachés dans les paradis fiscaux"

L'eurodéputé écologiste craint que les États n'arrivent pas à se mettre d'accord sur un accord contraignant pour limiter le réchauffement climatique et regrette que la somme prévu pour lutter contre les changements climatiques "ne représente que 0,15% de la richesse mondiale".

Pourtant, de l'argent il y en a, estime José Bové. "On a les moyens financiers, cette planète n'a jamais été aussi riche", critique-t-il, invitant les États à lutter contre l'évasion fiscale et les paradis fiscaux. "20.000 milliards de dollars sont cachés dans les paradis fiscaux", note José Bové. "Il faut qu'on contraigne les banques à faire de la transparence et à ramener l'argent vers l'intérêt général". Jeudi, 200 personnes, dont José Bové, ont manifesté devant le siège de BNP Paribas, sponsor de la COP21, à qui elles demandent de cesser de pratiquer l'évasion fiscale, au motif qu'elle entrave la transition climatique.

Philippe Gril avec JJ. Bourdin