RMC

Déchets radioactifs à Bure (Meuse): "L'urgence est maintenant, c'est même un combat vital"

-

- - JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

REACTIONS - Nouvelle étape pour le projet controversé de stockage de déchets nucléaires radioactifs à Bure (Meuse): les députés ont donné lundi leur feu vert à un scénario précisé de "réversibilité", via un texte LR-UDI définitivement adopté après ce vote identique au Sénat. "Une aberration", pour tous les opposants au projet.

Le nucléaire continue de créer la polémique. Ce lundi, l’Assemblée nationale s'est prononcée en faveur d'une proposition de loi sur "les modalités de création d’une installation de stockage réversible en couche géologique profonde des déchets radioactifs de haute et moyenne activité à vie longue". Ce texte, déposé par les sénateurs meusiens Gérard Longuet (Les Républicains) et Christian Namy (Union des démocrates et indépendants-Union centriste) permettra la poursuite du projet de Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) dans le sous-sol de la commune de Bure (Meuse).

"Nos députés viennent de faire un très mauvais choix"

Depuis 10 ans, ce projet de stockage de 80.000 m3 de déchets hautement radioactifs est contesté par des riverains et des associations, qui dénoncent les dangers d’un aménagement qu’ils qualifient de "poubelle nucléaire". Dernier événement en date: le 7 juillet dernier, les forces de l’ordre ont évacué plusieurs dizaines de militants qui s’opposaient à des travaux menés dans la forêt de Mandres-en-Barrois.

Dès lors, pour Roland Desbordes, président de l'association CRIIRAD, la commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité, faire passer cette loi en plein été, est une aberration. "Je pense que nos députés viennent de faire un très, très mauvais choix. Ils profitent des vacances d'été pour essayer de faire passer un texte de loi qui est une aberration scientifique", indique-t-il sur RMC.

"Si on est expulsés, on reviendra"

"Ce qui est du bluff, c'est de faire croire que l'on peut faire un stockage en profondeur réversible, argumente-t-il. Il y a tout un tas d'aspects techniques, à l'intérieur de cette installation, qui n'ont pas été étudiés sérieusement. Par exemple, les risques d'incendie ont été mal évalués ou pas évalué du tout. On est donc en train de prendre des décisions irréversibles pour les générations futures".

"L'urgence est maintenant, c'est même un combat vital", estime, pour sa part, Régine Millarakis, une militante très active sur le terrain et membre des associations "Mirabel Lorraine Nature Environnement" ou encore "Bure Stop 55". C'est pourquoi elle en appelle à la mobilisation ce week-end, surtout dans la forêt de Mandres-en-Barrois. Et d'assurer: "Si on est expulsés, on reviendra. Il y aura bien d'autres week-ends et bien d'autres semaines (de mobilisation). En effet, nous appelons à un été d'urgence".

Maxime Ricard avec Mélanie Delaunay