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"Elles se posent partout sur le visage": un village infesté de mouches à cause d'un élevage

Un petit village du Loiret est infesté de mouches. Régulièrement, elles arrivent par milliers, empoisonnant la vie de cette bourgade tranquille des bords de Loire. La cause de cette invasion? Un élevage de poules à 1 km de la commune, dont les fientes attirent la population d'insectes.

Neuvy-en-Sullias, dans le Loiret. 1.300 habitants. Son église, sa mairie et… ses mouches. Des milliers de mouches qui polluent la vie des riverains. C'est le cas de Florence, qui s’est installée dans le village il y a dix ans et qui était loin d’imaginer devoir partager son quotidien avec des insectes.

"On en voit apparaître deux, trois, puis dix, et puis 100. On ne sait jamais, quand ça commence à arriver, jusqu'où ça va aller. La semaine dernière, on était dans un nuage de mouches qui bourdonnent et qui se posent sur vous partout, sur le visage, les cheveux. Vous ne pouvez pas avoir deux secondes de tranquillité", raconte-t-elle à RMC.

Les mouches arrivent par vague, pendant deux ou trois semaines. Et tout le village est touché, parfois même les communes alentours. A tel point que les habitants ont monté une association, présidée par Didier. "Les gens qui habitent ici depuis toujours disent que leurs enfants ne viennent plus. Ils ne viennent plus avec leurs bébés parce que les bébés sont couverts de mouches lorsqu'ils les installent sur un matelas", explique-t-il.

"Et puis il y a une dépréciation foncière générale. Que devient la paisible commune entre Loire et Sologne?", interroge Didier.

D'où viennent ces mouches?

Ces mouches viennent en fait d’un gigantesque élevage intensif de poules pondeuses. Un élevage de 220.000 volailles qui vivent en cages, à 1 km de Neuvy-en-Sullias, et qui produisent des tonnes de fientes par jour, propices à la prolifération des larves de mouches.

Les habitants ont évidemment alerté la préfecture du Loiret qui, dès 2016, avait demandé à l’élevage de prendre des mesures. Sans succès. Le 8 juillet dernier, la préfète a donc pris un arrêté obligeant l’entreprise à désinfecter et désinsectiser tous ses équipements. Sous peine de sanctions.

Recontactée par RMC, la préfecture assure que des mesures ont bien été prises, qu’elles ont été efficaces cet été, mais que l’éleveur n’a pas pu poursuivre son action lors de la pénurie des carburants. Pour faire court: il n’avait pas assez d’essence pour évacuer toutes les fientes. La prolifération des mouches a donc repris.

La préfecture a fait un rappel à l’exploitant qui a jusqu’au mois de mars pour régler le problème, s'il veut éviter une procédure en justice.

Contacté par RMC, l'exploitant explique n’avoir repris le site qu’en février dernier et assure avoir mis en place une procédure pour le traitement des fientes.

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Amélie Rosique, Joanna Chabas et Elise Denjean