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"A la Révolution, on ne parlait pas chinois à Paris": les mascottes des JO font polémique

Dans "Charles Matin" ce mardi sur RMC et RMC Story, l’ancien secrétaire d’Etat Yves Jégo, fondateur du label Origine France Garantie, a poussé un gros coup de gueule contre la fabrication en Chine des mascottes des Jeux olympiques de Paris 2024.

Un coup dur pour le made in France. Les "Phryges", les mascottes des Jeux olympiques de Paris 2024 dévoilées ce lundi, seront commercialisées par des entreprises françaises (Gipsy, Doudou et Compagnie), mais essentiellement fabriquées en Chine, à 80% selon le comité d’organisation. Ancien député et secrétaire d’Etat, fondateur du label Origine France Garantie, Yves Jégo est révolté. "Au lendemain du salon du made in France, cette annonce a été une douche froide pour tous ceux qui espéraient que ces Jeux olympiques soient made in France. Le bonnet phrygien, symbole de la République… Moi, je ne sais pas comment on dit Marianne en chinois. On nous a vendu un bonnet phrygien chinois. C’est très symbolique. Si les Jeux olympiques sont partis sur l’idée de ne pas être Made in France, on aura raté l’effet d’image, de retentissement des savoir-faire français", déplore-t-il dans "Charles Matin" ce mardi sur RMC.

"Je n’ai pas envie que Marianne parle chinois"

"Quand c’est fabriqué en Chine, c’est du n’importe quoi, lance Yves Jégo. Quand vous achetez chinois, il faut racheter trois fois. Il faut renouveler tout le temps. C’est peut-être un peu moins cher à l’achat mais comme vous êtes obligé de renouveler, ça n’a pas de sens. Le débat du prix existe, d’autant plus dans cette période d’inflation. Faut-il se résoudre pour autant à laisser les Chinois nous équiper de la tête aux pieds? Et surtout sur quelque chose d’aussi symbolique que le bonnet phrygien. A la Révolution française, on ne parlait pas chinois dans les rues de Paris. Ce ne sont pas les Chinois qui ont fait la Révolution française. Avoir confié ça aux Chinois, c’est un signe très négatif d’un abandon de la volonté d’essayer. On n’a pas même pas essayé, on n’a même pas lancé un appel aux entreprises françaises. Si on ne veut plus d’usines, il suffit de le dire."

"Au lieu de dire 20% en France et 80% en Chine, ça aurait été bien de dire 80% en France et 20% en Chine. Ça, c’était correct, c’était un good deal. Moi, je n’ai pas envie que Marianne parle chinois", ajoute Yves Jégo.

"Lançons un appel aux entreprises françaises"

Selon l’ancien parlementaire, les entreprises françaises sauraient répondre au défi de fabriquer ces mascottes en France. "On a toujours le choix. Je ne sais pas comment elles sont composées. On pourrait faire quelque chose de plus modeste, de moins coûteux, estime-t-il. Et ceux qui vont acheter une peluche, ils ne sont pas à deux, trois euros près, surtout s’ils savent qu’elle est made in France. Derrière le symbole, il y a nos usines. Je suis conscient des coûts, je comprends bien. Mais sous ce prétexte-là, on va devenir totalement chinois. On dépendra des Chinois. Souvenez-vous pour les masques. On ne savait plus en fabriquer, on avait fermé les usines, y compris en Bretagne. On s’est retrouvé totalement perdu. Ces Jeux sont une occasion symbolique de montrer qu’on peut reconquérir notre souveraineté industrielle, qu’on est capable de fabriquer des peluches, qu’on n’est pas plus bête que les Chinois. Lançons un appel aux entreprises françaises. Je suis sûr qu’il y en a plein qui sont prêtes à faire le challenge."

"Mieux que rien" selon Roland Lescure

Ministre délégué chargé de l'Industrie, Roland Lescure a répondu à Yves Jégo dans "Apolline Matin", sur RMC et RMC Story. "Moi, j’ai réuni la semaine dernière à Bercy une vingtaine d’entreprises qui relocalisent cinq objets du quotidien, des montres, des vélos, des jouets… Il y avait notamment Doudou et Compagnie qui était là. 20% (des mascottes), ce n’est pas assez mais c’est quand même mieux que rien, vont être fabriquées en France. Pour cela, ils vont accroitre la taille de leur usine en Bretagne, recruter des salariés. Je préfèrerais en faire 100%, comme Yves Jégo. C’est déjà un bon début, il faut continuer. Il faut que, pas pour les prochains JO parce que ça sera peut-être dans 100 ans, mais peut-être pour la prochaine compétition sportive, on ait des mascottes qui soient complètement made in France."

LP