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"Il y a plein d’alternatives": vers une interdiction des colliers de "dressage" pour chiens et chats

L'Assemblée nationale a voté lundi l'interdiction des colliers de "dressage" pour chiens, qui ont des conséquences néfastes sur la santé des animaux selon les associations de défense. Le texte doit maintenant être voté par le Sénat.

Une victoire pour les militants de la cause animale. Les députés ont voté à la quasi-unanimité lundi soir l’interdiction des colliers de dressage pour les chiens ou les chats. Une proposition de loi de la majorité pour interdire ces colliers électriques, étrangleurs ou à pointes, en raison des souffrances qu'ils provoquent.

Des dispositifs déjà interdits en Suisse, au Danemark, en Allemagne ou en Slovénie. Le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, a salué "une avancée en faveur de la lutte contre la maltraitance animale".

"Si c’est interdit, on arrêtera"

Crystal est une "Golden retriever" de 18 mois, qui pèse 35 kilos. Elle porte parfois un collier étrangleur, mais sa propriétaire Alexia ne l’a utilisé qu’à quatre ou cinq reprises. "Le collier me permet d’éviter qu’elle tire sur la laisse quand je vais me promener", explique-t-elle. Alexia n’utilisera donc plus ce collier qui ressemble à une chaine en acier si la loi passe définitivement.

"Si c’est interdit, on arrêtera. Déjà, je ne l’utilisais plus car elle n’en a quasiment plus besoin. Elle a compris très rapidement qu’il fallait qu’elle arrête de tirer sur la laisse", assure-t-elle.

Un propriétaire de chien sur cinq en utiliserait

Ces colliers peuvent avoir des conséquences sur la santé des chiens. Cette interdiction satisfait donc la Fondation Brigitte Bardot. Lorène Jacquet, une des responsables, s’adresse aux utilisateurs des colliers incriminés.

"L’idée n’est évidemment pas de leur jeter la pierre, on sait qu’ils ne le font pas de façon malveillante, ils le font juste par manque d’informations sur les conséquences physiques et psychiques de ces outils. Il existe plein d’alternatives qui ont été démontrées par les éducateurs pour apprendre l’éducation à son animal ou pour régler des problèmes de comportement dans recourir à la violence", explique-t-elle.

Selon la Fondation Brigitte Bardot, un propriétaire sur cinq utilise ces colliers de dressage aujourd’hui en France.

Le texte passé à l'Assemblée nationale prévoit que les contrevenants s'exposent à une amende administrative de 750 euros, voire 3.750 euros en cas de récidive ou pour les professionnels du dressage. Une dérogation est en revanche prévue pour les services des armées utilisateurs de chiens, et pour les opérations de capture d'animaux dangereux et errants. Le texte doit désormais être transmis au Sénat.

Jean-Wilfrid Forquès (édité par J.A.)